“Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi”         “Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit”      “Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi”         “Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit”   

Homélie du dimanche de la Samaritaine : Jean 4, 5-42.

St-Sépulcre-Pâques

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Bios et Zôé –

Le Christ est ressuscité ! Par la puissance du saint Esprit, non seulement Il est revenu de la mort à la vie, mais Il est passé avec toute notre humanité de la vie à la Vie ! La langue grecque a deux mots pour la vie : bios et zôé ! Zoé, c’est la vie avec un grand V, celle que donne le saint Esprit, la vie éternelle avec le Père et en lui. Toute la cinquantaine que nous vivons, cette « pentecôte » qui nous propulse vers la glorieuse descente de l’Esprit, prolonge la puissance de la Résurrection manifestée dans le Christ, jusqu’à celui qui est l’Esprit en personne, le Vivifiant, le Paraclet, le Pédagogue, le Consolateur, le Roi céleste, le Trésor de tous les dons, le Souffle de la révélation, Lui qui est partout présent et qui accomplit tout, qui veut habiter en nous, nous purifier de toute souillure et nous sauver !

La Femme et l’Esprit

Aujourd’hui le Verbe fait chair et fait homme parle à la femme, la nouvelle Ève – qui se traduit justement Zoé ! -, lui le nouvel Adam. Et Il lui annonce l’Esprit, la vie dans l’Esprit et la connaissance parfaite du Père que celui-ci dispense. Le Ressuscité annonce le Paraclet. Celui qui a accompli glorieusement sa lumineuse Pâque déclare l’ouverture du temps nouveau, l’ère charismatique qu’Il nous a lui-même ouverte à la porte du tombeau. Celui qui se déclare le Messie attendu par le Peuple élu, prédit que notre soif de l’Esprit, notre attente de la vie éternelle, notre intuition profonde que cette vie biologique n’est pas tout, seront étanchées. Le Verbe est le prophète d’une humanité enfin désaltérée par l’Esprit, Vie et Vivifiant, source seconde de Vie, car le Père est la Source unique et principale, et du Verbe qui parle ici, et de l’Esprit, dont Il parle.

Le mode de vie pascal

Nous savons pourquoi nous gardons nos cierges allumés, pourquoi nous nous saluons avec Le Christ est ressuscité ! ; pourquoi nous échangeons le baiser pascal ; pourquoi nous gardons le plus possible dans la célébration le style résurrectionnel de la liturgie. Par le carême de Pâque nous avons gagné un mode de vie nouveau qui se parfait dans la vie de l’Esprit. L’Esprit qui a fait passer le Crucifié de l’agonie à la gloire est promis à notre fidélité à la vision pascale de la vie. Le feu de l’Esprit est promis de couronner le feu pascal. « Du Christ nous avons appris un nouveau mode de vie : de tout cœur empressons-nous de l’observer jusqu’à la fin pour jouir de la venue du saint Esprit », venons-nous de chanter aux matines de la mi-Pentecôte.

La sainte modernité

Quel est ce « mode de vie » divin ? Mais, c’est celui qui est proclamé dans la célébration pascale, voyons ! « C’est le jour de la Résurrection, rayonnons de joie en cette solennité, embrassons-nous les uns les autres, disons : Frère ! même à ceux qui nous haïssent, pardonnons tout à cause de la Résurrection ! » Le style pascal d’existence n’est pas seulement dans les grands symboles que nous brandissons avec des cris de joie. Il s’enracine dans une célébration intérieure de la victoire sur la mort.

Dans le temple de notre cœur s’est allumé, comme dans la basilique de l’Anastasis, un feu  nouveau qui consume tout ressentiment, tout jugement, toute jalousie et toute haine. Et ce feu nouveau qui enflamme les cœurs fervents des baptisés est en avance sur le monde, livré encore à la haine, à la guerre et autres signes arriérés de sub-humanité. Le feu dans le cœur, le baptisé s’ouvre à la vertigineuse venue de l’Esprit d’amour inconditionnel dont le Christ a donné l’image parfaite sur la Croix. Pâque et Pentecôte sont soudées au cœur de notre propre cœur !

(a.p. Marc-Antoine – 18/05/2025)