« Prophète de l’Esprit » –
Le Christ est ressuscité ! Mercredi dernier, nous avons franchi la moitié du temps de Pentecôte, ce Carême de l’Esprit qui fait suite au Carême du Verbe et le prolonge. Nous l’avons compris : la Pâque du Seigneur Jésus Christ, Fils et Verbe du Père, est la porte ouverte au don de l’Esprit. Un Père ancien appelle le Christ le Prophète de l’Esprit. Et, par l’évangile de ce jour, nous voyons bien qu’Il l’est. Le Christ, à la Samaritaine comme à nous, annonce le don de l’Esprit et se présente comme celui-là même qui le donne. De lui, de sa Personne divine, de son humanité déifiée, tandis qu’Il parle, tandis qu’Il se rend présent, s’écoule comme l’eau d’une source la grâce illuminatrice et déifiante.
La gloire du Fils
Une forme de christianisme qui serait seulement centrée sur le Christ serait fausse. Le Seigneur Jésus lui-même s’efface pour que l’Esprit du Père vienne et qu’Il témoigne de lui. L’Esprit du Père que le Fils envoie vient glorifier le Fils. Qu’est-ce que cela veut dire ? La glorification est le rayonnement du Fils par les énergies divines de l’Esprit ; elle est le resplendissement de sa vie sainte et l’évidence de son enseignement divin. L’Évangile reste un livre fermé sans l’action de l’Esprit. Il reste un document écrit que l’intelligence humaine livrée à elle-même peine à décrypter par toutes sortes de moyens historiques et scientifique d’investigation.
Appropriation
Par l’Esprit, la Parole en Personne devient accessible, intelligible et vivifiante. C’est ce qui se passe dans l’évangile de ce jour : « Ce n’est plus à cause de ce que tu as dit que nous croyons ; nous avons-nous-mêmes entendu et nous savons qu’il est vraiment le Sauveur du monde, le Christ. » Ce que disent les gens à la Samaritaine témoigne que, d’une façon ou d’une autre, l’Esprit leur a été donné. Tandis qu’Il parlait à son interlocutrice ou aux Samaritains chez qui Il « demeura deux jours », le Christ était continuellement à irradier l’Esprit, dans une épiclèse incessante et un ruissellement continu d’eau vive. Et le phénomène typique de l’œuvre de l’Esprit du Père est l’appropriation personnelle du message du Fils : « nous savons » remplace « nous croyons » ; par l’Esprit qu’irradie le Fils on accède à la connaissance – ce qu’on a entendu, on le sait maintenant de façon personnelle.
Le divin savoir
Nous aussi, disciples de Jésus Messie, proclamateurs de sa Résurrection, nourris par tout ce que nous entendons dire de lui par les apôtres, les martyrs et les saints, quand la grâce du saint Esprit nous est insufflée par le Fils, nous pouvons dire que « nous savons » – non seulement « je crois », mais « je sais ». Et cette connaissance parfaite de la vérité est irréfutable ; personne ne nous en dépossèdera. C’est une évidence intérieure, une certitude aussi forte que celle qui fit l’apôtre Thomas confesser : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Lui aussi passa de la connaissance par ouï-dire à la connaissance par révélation personnelle. Ici est notre itinéraire de disciples, parce que, lorsque nous suivons et glorifions le Christ tous les jours et à toute heure, nous sommes déjà, avant même la glorieuse Pentecôte, illuminés par les énergies incréées de l’Esprit qu’irradie sa Personne divine !