L’humilité –
L’Adversaire peut toujours tenter de nous tromper. Il est le Trompeur par excellence. Il nous trompa au Paradis. C’est pourquoi les chrétiens se tiennent sur leurs gardes. La meilleure façon de se protéger d’une illusion est de s’humilier devant Dieu : le Prince de l’orgueil est défait par l’humilité. C est ce que nous faisons quand nous reconnaissons nos faiblesses. Si la vision est une illusion, elle se dissipera. Par l’humilité, le Christ a vaincu la mort.
La frontière
Toutefois, la frontière entre les vivants et les défunts est très mince, assez relative en fait. Comme l’indique l’évangile de Lazare et du mauvais Riche (Lc 16, 20 ss), c’est le péché qui forme une barrière infranchissable entre eux et nous. Mais il y a des moments d’innocence et de pureté qui favorisent la communication entre les mondes. Un cœur pur verra non seulement Dieu mais ses anges, les justes et les saints et même, avec compassion, les pécheurs tourmentés.
Le suicide
Les chrétiens ont toujours été également très réservés à l’égard du suicide que prônaient avec orgueil certaines philosophies dans l’Antiquité. On peut penser qu’ils y ont vu surtout l’impardonnable “péché contre l’Esprit” (Mc 3, 28, 30) par lequel l’homme refuse la miséricorde divine – raison pour laquelle, il n’y a pas en principe de prière pour les suicidés. Toutefois, dans l’acathiste des défunts, nous prions ainsi : « Oublie l’égarement momentané des suicidés ! » (Ikos V).
La compassion
Osons dire que les défunts peuvent se manifester à nous selon les dispositions de notre cœur et que les suicidés peuvent être assumés dans la prière par compassion. Si notre père spirituel nous bénit pour cela, nous pouvons intercéder pour l’ami qui a mis fin à ses jours : la miséricorde divine est infiniment plus grande que la négation de ceux qui la nient. Et peut-être cet ami a-t-il entrevu au-delà de ce monde la lumière qu’il n’avait su percevoir ici-bas. Nous ne comprenons pas tout. Nous sommes sur nos gardes contre le Mauvais et ses illusions. Mais nous croyons à l’amour inconditionnel de Dieu, tel que nous l’a fait connaître son Fils bien aimé.