Le temps de Pentecôte –
Au nom du Père et du Fils et du saint Esprit ! Nous voici plongés, immergés dans cette grande période du temps qui suit le dimanche de Pentecôte. Ce temps n’est pas seulement le temps après la Pentecôte : appelons-le le temps de Pentecôte, le temps du saint Esprit, le grand chapitre des charismes donnés aux disciples du Messie dans son Église. La vie de celle-ci devrait pouvoir être manifestement une vie charismatique, une pentecôte prolongée sur des semaines et des mois. Bien plus, comme nous le voyons par l’évangile de ce jour, la grâce de la Pentecôte, glorieuse Descente de l’Esprit du Père sur ceux qui croient dans le Fils, se répand au-delà du cercle des baptisés.
La foi confiance
La foi du centurion, cette personne si exemplaire, si humble, si touchante par sa sincérité, est typique des dons que l’Esprit distribue. La foi est un charisme. Elle n’est par le résultat de la réflexion ou d’une conviction née de preuves et de démonstrations. On le voit ici : c’est un élan de confiance. On ne sait pas exactement qui est, pour ce centurion, Jésus à qui il s’adresse. Il l’appelle « Seigneur », mais, dans la bouche d’un païen, le mot ne veut peut-être par dire autre chose que « Monsieur ». Pour lui, Jésus Christ n’est peut-être qu’un saint, un thaumaturge, un homme très humain et très bon, doué de pouvoirs exceptionnels. Osons dire que la foi naît souvent d’une façon aussi simple. C’est par son humanité que le Seigneur Adonaï attire tout d’abord les hommes.
L’action du saint Esprit
Ceci nous enseigne… Le saint Esprit touche le cœur des personnes sincères ; Il leur fait aimer l’homme Jésus dont la divinité rayonne à travers son humanité. Il les attire vers le plus humain des hommes, comme aimait le dire saint Dumitru le Confesseur. Le génie du créateur du ciel et de la terre et de tout ce qu’ils renferment est de se faire homme pour être accessible aux hommes. Nous allons à Dieu par l’homme, surtout lorsque l’homme rencontré a un tel naturel, une telle simplicité : Je viens chez toi, dit-Il à ce païen qu’Il n’a jamais rencontré. Bien sûr, en tant que Seigneur Adonaï et Dieu, Il l’avait vu de loin, comme cela se passe dans bien des épisodes de l’Évangile. Mais avec quelle familiarité Il lui propose cela ! Avec quelle authenticité humaine ! L’humanité parfaite qu’est l’humanité déifiée du Verbe se reconnaît à sa liberté.
L’Église en Personne
De l’évangile de ce quatrième dimanche de Pentecôte, mes amis, retenons au moins ces deux messages : que l’Esprit saint agit dans le monde pour attirer vers le Christ quantité de personnes encore incroyantes mais sincères et bonnes ; que le Sauveur attire les hommes par son humanité pour leur révéler sa divinité : ce doit bien être un dieu pour être si humain ! Plus profondément encore, en fermant les yeux pour mieux voir, contemplons, en Jésus Sauveur, aujourd’hui en dialogue avec ce bon païen, l’Église en Personne ; l’Église, Tête et Corps de Dieu fait homme et fait chair. Et c’est cette Église qui a pour visage celui du Christ, les mains du Christ, sa voix et son amour, qui a la grâce de rencontrer le premier venu. Par les sacrements, le Christ en elle veut soigner et guérir nos contemporains dont l’homme intérieur, le « serviteur, couché à la maison », dans leur intimité, « souffre terriblement ».