“Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi”         “Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit”      “Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi”         “Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit”   

La grâce peut-elle nous être retirée ?

saint Paul

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Les dons du saint Esprit – 

Énergie divine et non créée ; facilité à prier et à croire ; évidence intérieure de la vérité divine ; charme évangélique ; douceur des saints ; tranquillité intérieure ; repos de l’esprit dans le cœur ; légèreté intérieure et extérieure ; consolation du corps ; sobriété involontaire ; chasteté sans effort ; joie spontanée et sans cause ; gratitude éclairée par l’Esprit ; pardon du fond du cœur ; préférence libre d’autrui à soi ; émerveillement devant la face de Jésus ; gloire du martyre ; tendresse pour ses saints ; connivence avec la Mère de Dieu ; naturel de la prière ; ouverture de l’intelligence à la parole ; reconnaissance de Jésus comme Seigneur…, ces dons qu’énumère saint Paul dans l’épître aux Corinthiens.

La grâce

Les baptisés vivent par la grâce : celle du saint Baptême, de la sainte Chrismation, de la sainte Eucharistie, et la grâce qui s’écoule de l’ensemble de la vie sacramentelle de l’Église. Cette grâce divine, reconnaissable à son lien avec le Seigneur Jésus, nous est donnée également dans la création, au bord de la mer, dans les rues de nos villes, à l’hôpital près d’un malade, dans toutes sortes de rencontres où nous sentons en nous cet organe extraordinaire fait pour connaître la vérité par expérience : le cœur. Sans une forme ou une autre de la grâce divine, sans les dons de l’Esprit, nous ne nous serions jamais approchés du Christ et de son Église. Sans cette énergie douce et forte, nous ne resterions pas chrétiens jour après jour. La foi elle-même est don, charisme, grâce, énergie divine et sanctifiante.

Crainte et douleur

Notre crainte est de la perdre. Notre douleur est de l’avoir perdue – perdre la joie ; perdre l’évidence ; perdre l’amour ; perdre la foi ! Comment est-ce possible ? Qu’ai-je fait pour que la grâce me soit enlevée ou que je l’aie perdue ? Il est écrit que « Dieu ne nous retire jamais sa miséricorde » (2 Maccabées 6, 16). Mais il est écrit également que Dieu retira sa grâce à Saül (1 Samuel 16, 14) et David prie : « Ne retire-pas de moi ton Esprit saint » et « renouvelle en moi ton Esprit » (Ps 50, 12 et 14).

Saint Silouane de l’Athos et saint Sophrone le Nouveau mentionnent ce retrait de la grâce de l’Esprit, et l’attribuent à des fautes commises en pensée : le jugement d’autrui, par exemple, ou une fausse idée de la Divinité, considérée comme impersonnelle ou comme injuste. Nous savons que, au Paradis, Adam perdit la grâce de la familiarité divine pour avoir accepté une pensée de doute (Genèse 3, 4). Le retrait de la grâce vient de son incompatibilité avec le péché.

La divine paternité

Mais, selon les saints, comme saint Jean Climaque, le retrait de la grâce peut s’interpréter comme une attitude pédagogique et paternelle de la part du Seigneur. Le disciple jouit de telle ou telle grâce pendant quelques années : un jour, il ne la ressent plus. Si ce n’est pas dû à l’incompatibilité mentionnée, c’est le cas où le Seigneur veut nous attirer davantage vers lui.

Ce qui nous fait progresser dans l’amour et dans la connaissance, ce n’est pas la satiété : c’est la faim et la soif. Le disciple qui, dans ce cas, éprouve ce retrait jusqu’à un sentiment d’abandon a en fait reçu une nouvelle grâce : celle d’éprouver douloureusement le retrait. La nostalgie, le souvenir de la joie en Dieu, la mémoire d’un premier amour sont de grandes grâces qui font le disciple crier comme David : « Rends-moi la joie de ton salut ! Renouvelle en moi ton Esprit saint ! ».

Comment la retrouver ?

Dépend-il de nous de retrouver la grâce, qu’elle se soit éloignée à cause d’un péché ou par pédagogie paternelle ? Saint Silouane et d’autres saints disent que, si on s’humilie devant Dieu, on ouvre la porte à un renouvellement de la grâce. Par l’humilité, par le discernement des pensées, on se garde à la fois de ressentir de l’injustice de la part de Dieu et d’éprouver le découragement mortel. Le bon Larron au pied de la Croix disait : « Pour nous c’est justice ! » Les saints ne se plaignent pas.

Pour cette raison, une autre façon, à la fois de cultiver la grâce quand on la ressent et de la retrouver si elle s’éloigne, c’est la louange, ou action de grâce. Dans la situation pourtant désolante où la grâce s’est éloignée, nous affirmons par la louange que nous croyons dans le Seigneur, dans sa sagesse, dans sa paternité. Et cet acte de foi ouvre notre cœur à la grâce qu’Il veut toujours nous donner, car Il est bon.

(a.p. Marc-Antoine – 06/07/2025)

 

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