« Gloire à ta miséricorde infinie, Seigneur, gloire à toi ! »                   « Gloire à ta miséricorde infinie, Seigneur, gloire à toi ! »                  « Gloire à ta miséricorde infinie, Seigneur, gloire à toi ! »                  « Gloire à ta miséricorde infinie, Seigneur, gloire à toi ! »                   « Gloire à ta miséricorde infinie, Seigneur, gloire à toi ! »                  « Gloire à ta miséricorde infinie, Seigneur, gloire à toi ! »                    « Gloire à ta miséricorde infinie, Seigneur, gloire à toi ! »                   « Gloire à ta miséricorde infinie, Seigneur, gloire à toi ! »                  « Gloire à ta miséricorde infinie, Seigneur, gloire à toi ! »              « Gloire à ta miséricorde infinie, Seigneur, gloire à toi ! »                   « Gloire à ta miséricorde infinie, Seigneur, gloire à toi ! »                  « Gloire à ta miséricorde infinie, Seigneur, gloire à toi ! » 

Évangile du Dimanche du Pardon Triode : Matthieu 6, 14-21.

Desert

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L’expérience du disciple –

Aujourd’hui, après toutes les préparations et les propylées du saint et grand Carême, nous, c’est-à-dire les baptisés, les confesseurs de la vraie foi, les membres du Corps du Dieu Homme, prenons la route de la joie parfaite. Marcher dans le désert pendant quarante jours, pour y trouver de l’eau : on en rêve… Quel organisateur de pèlerinage oserait pourtant le proposer ? La vie chrétienne est une pratique, une expérience, un vécu. Elle a ses gestes corporels ; elle a son mode d’alimentation ; elle a son comportement propre à l’égard d’autrui ; elle comporte une vraie conscience de sa responsabilité à l’égard de la Création ; elle porte une vraie conscience de la citoyenneté et du témoignage dans la société civile. C’est une pratique.

Apprendre l’humanité

Aucun exposé sur l’humanité, son passé, son présent, son avenir, aussi brillant soit-il, ne peut remplacer l’expérience que nous faisons, avec le Christ, de notre propre humanité. Nous apprenons à être hommes. Nous faisons un stage d’humanité pendant quarante jours. Nous rejoignons l’Adam paradisiaque pour expérimenter l’Adam ultime, celui du Royaume. Très loin d’un formalisme religieux, le saint et grand Carême est un temps d’initiation à l’humanité. Le Verbe s’est fait homme le 25 mars et s’est montré tel le 25 décembre pour deux raisons. D’une part, Il renouvelle complètement pour nous l’image que nous nous faisons de Dieu, le concept de Divinité ; d’autre part, Il renouvelle complètement le concept de l’homme. C’est pourquoi la lecture du saint Évangile, avant tout autre parole divine, est notre pain quotidien, essentiel et suressentiel. Dans l’Évangile, nous apprenons à connaître à la fois Dieu et l’Homme.

Renouveler le dialogue

Or, cette découverte et de Dieu et de l’Homme, programme de la grande initiation pascale, se fait dans le dialogue interpersonnel. Nous apprenons à renouer l’alliance avec notre Seigneur et Créateur en l’écoutant et en lui parlant, notamment par la belle prière de saint Éphrem le Syrien. Et nous apprenons à renouer avec l’homme en lui demandant pardon. « Pardonne-moi et prie Dieu pour moi ! », nous disons-nous les uns autres à la fin des vêpres de ce dimanche, en fait les vêpres du lundi de la première semaine de Carême. Nous nous prosternons l’un devant l’autre, et nous relevons pour voir le visage d’autrui, du prochain, ce frère.

Sous le regard du Frère

De même que nous nous relevons après la prosternation devant l’icône du Dieu Homme pour contempler son visage et nous exposer à son regard bienveillant, nous cherchons dans le regard que pose notre frère sur nous lorsque nous nous relevons l’espoir d’une vraie humanité. Le pardon mutuel est ainsi la porte que je pousse pour rencontrer un homme et pour être moi-même rencontré comme tel. Celui qui veut bien me pardonner met son espoir en moi ; il croit que je peux moi aussi être homme. De même le Dieu Homme, dans sa façon de me regarder quand j’ose lever les yeux sur sa Face après la prosternation, pose sur moi un regard de foi.

Je crois en l’homme

J’ose croire que le Christ croit en moi ; j’ose croire que le frère humain croit en moi et a confiance que je peux changer et devenir enfin humain. L’humanité de l’homme est l’enjeu de l’Incarnation, ce devenir-homme du Fils unique et Verbe de Dieu. Le Carême nous rend la capacité, malgré tous les bruits du monde, de croire en l’homme. C’est pourquoi notre demande de pardon adressée au Père est la même que celle que nous adressons au Frère : de l’un et l’autre j’attends la foi dans ma propre humanité ; de l’un et de l’autre j’espère la révélation de l’homme que je me sens appelé à être. Le Carême est une initiation et à la divinité et à l’humanité. Vrai Dieu et vrai Homme, le Verbe que nous suivons et dont nous nous nourrissons est l’homme déifié qui va resplendir dès dimanche prochain, le dimanche de L’Orthodoxie, en sa sainte Icône !

(a.p. Marc-Antoine Radio Notre-Dame, « Lumière de l’Orthodoxie », 26.02.23)