“Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi”         “Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit”      “Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi”         “Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit”   

Le jeûne de la Mère de Dieu

Sainte Mère de Dieu

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Deux transfigurations –

Grâce à Dieu, nous voici engagé dans cette courte mais belle traversée de l’été avec le Christ et sa Mère très pure. Le saint jeûne commencé le 1er de ce mois nous ouvre à deux mystères : la transfiguration du Christ, le Verbe incarné du Père, et la transfiguration de sa Mère très pure. Dans les deux célébrations, la lumière du Père irradie de l’humanité sainte et déifiée. L’Esprit du Père fait du Fils la Lampe ininterrompue de sa sagesse, de sa bonté, de sa bienveillance, de sa créativité, de tout ce que l’on peut lui chanter comme louange ! Ce même Esprit transparaît du corps de la première créature déifiée : Il irradie d’elle le même amour du Père pour tous les hommes. Comprenons-le : l’amour de la Vierge et Mère pour tous, cet amour sur lequel nous comptons tellement, n’est autre que l’amour du Père, assimilé par elle et se répandant depuis elle sur le monde.

La date de ce jeûne

Dans les tout premiers siècles, les chrétiens ne tenaient pas ce jeûne de façon universelle. A Antioche, on jeûnait un jour, à partir de la Transfiguration du Seigneur ; ceux de la région de Constantinople, jeûnaient quatre jours, et ceux de Jérusalem, huit jours ! Dans d’autres régions, on ne jeûnait aucunement, et l’on considérait tout ce temps comme festif. En 1166, un concile de Constantinople établit que « le jeûne commence le 1er août et se termine le 15, pour la fête de la Dormition de la Mère du Seigneur ». Dès lors, les dates de ce petit carême furent fixées pour tous les chrétiens. Pendant quinze jours, tous glorifient la Mère de Dieu, lui demandent son intercession, et la prient pour le monde. Ils se rappellent de la parole du Christ adressée à elle depuis la Croix : « Femme, voici ton fils » (Jean 19, 26).

La Mère universelle

La place de la Mère de Dieu dans l’Église et dans le monde lui a ainsi été attribuée par Dieu lui-même. La vénération et l’amour que nous avons pour elle répond à la parole divine adressée à tout disciple : « Voici ta mère » (Jean 19, 27). L’amour que nous avons pour elle nous vient de lui. Le Fils partage avec nous l’amour filial. Ainsi, la Mère de Dieu, qui apparaît en son icône toujours associée à son Fils, son Seigneur et son Dieu, a été confiée à notre amour, et nous avons été confiés au sien. La vie de chrétien, de disciple de Jésus Christ, est de la sorte intimement embrassée par la Mère de Dieu. Nous ne savons pas combien elle nous aime : nous osons croire que depuis son cœur maternel se déverse l’amour du Père, cet amour conduit par l’Esprit et donné par le Fils en son Corps très pur et son Sang très précieux.

La force de l’Incarnation

Cet amour de la Mère de Dieu, parce qu’il est l’amour du Fils et qu’il a sa source dans le Père, est un amour absolument universel. Tous les hommes sont aimés de la Mère de Dieu, parce que l’humanité de tous est l’humanité du Christ, l’humanité du Verbe du Père devenu chair et devenu homme, justement par amour. Les entrailles de la Mère de Dieu, ne l’oublions pas, sont sanctifiées à jamais par l’événement qui s’y passa : la conception humaine que le Seigneur fit de lui-même. Celle en qui Il se conçut humainement apporta sa chair et son sang à cette fécondité divino humaine.

Par cette conception, elle devint une seule chair avec Dieu et consubstantielle avec lui. L’humanité de Dieu fait chair est l’humanité de la Vierge : l’humanité de la Vierge est celle du Seigneur. Or, cette nature humaine est la nôtre ! Ce qui veut dire que, par la divine conception  de la Vierge, nous avons été unis, que nous le sachions ou non, que nous le croyons ou non, à l’humanité et à la chair du Dieu Homme. « Voici ta mère ! », « voici ton fils ! », ces paroles nomment la réalité plus forte que tout découragement : en Marie, je suis, nous sommes, tous les hommes sont unis à Dieu.

La prière pour le monde

Or, il y a, et c’est la moindre des choses que de le rappeler, deux semaines dans l’année consacrées à approfondir notre foi dans la Mère de Dieu c’est-à-dire, en fait, note foi dans l’Incarnation et dans toutes ses conséquences pour nous et pour le monde. Ce n’est pas en vain que, pendant ces deux semaines bénies, nous intercédons avec la Mère de Dieu pour le monde et pour chaque homme en particulier : les bons et les méchants, les innombrables bienfaiteurs que nous font connaître les médias, ainsi que les tyrans et les fous du pouvoir – pour eux également le Christ a donné sa vie, et à eux, également, le Christ donne sa Mère pour mère. N’abandonnons jamais le monde dans notre prière, car la Mère de Dieu, ni le Christ, ne l’ont abandonné.

(a.p. Marc-Antoine).