Contenu dogmatique des prières –
En ce jour comme en toute circonstance de la vie de l’Eglise, écoutons avec la plus grande attention les prières qui sont distribuées par les chantres au sein de la célébration. La foi de l’Eglise en ce qui concerne la Mère de Dieu est exprimée dans les offices liturgiques. Ceux qui ont pu participer à la célébration de vêpres ont le cœur encore rempli des louanges extraordinaires que l’Esprit saint a mises sur les lèvres des saints qui ont vécu avant nous. Aujourd’hui, à commencer par matines et pour s’accomplir dans la divine Liturgie, est le jour où nous exprimons tout ce que nous croyons et tout ce que nous espérons de la Vierge, la très sainte Vierge et Mère de Dieu.
Notre Espérance
Le kondakion que nous venons d’entendre est à la base de notre façon de prier la Vierge. Marie « ne se lasse jamais d’intercéder pour nous » ; elle « ne peut cesser d’être notre espérance » ; elle ne s’est laissé vaincre « ni par la mort ni par le tombeau ». Et surtout, ce qui explique l’espérance que nous mettons en elle : « elle a rejoint la Source de la Vie » ; elle a rejoint son Fils et son Dieu, celui qui a été porté dans son sein virginal.
Celle qui veille
En toute rigueur, ce chant ne parle pas d’intercession ; le grec dit littéralement que la Mère de Dieu « ne prend pas de repos dans ses prières » : elle ne s’endort pas, elle est dans un état continuel de veille. Elle « n’abandonne pas le monde », chante le tropaire. Sa place est, non pas entre Dieu et nous, mais à nos côtés, par sa prière, comme Avocate. Entre le Père et nous, Il n’y a que le Fils, le seul Médiateur. Et sa Mère très pure, comme on le voit dans l’évangile selon saint Jean, est à côté de lui, elle est vigilante et lui souffle en quelque sorte les besoins qu’ont les personnes humaines.
La Vie en personne
Une autre précision, l’original n’appelle pas source le Verbe. La Source unique est le Père, c’est la foi apostolique. Dans le grec, le Verbe est « la Vie qui s’est fait l’hôte de la Toujours-vierge ». Le Fils unique du Père céleste et de la Mère céleste est la Vie en Personne, la Vie jaillie du tombeau, la Vie manifestée en sa résurrection corporelle aux femmes, aux apôtres et aux disciples. Le Christ est notre vie, « la Voie, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6). Les textes liturgiques expriment la conscience dogmatique de l’Eglise avec une justesse que la traduction peut rendre.
Tournée vers son Fils
Et, en cette célébration de sa Dormition, il nous est donné de vénérer la Mère de Dieu à sa juste place dans la foi et la prière des chrétiens. Nous comptons avec espérance sur ses prières parce qu’elle a été intronisée en ce jour dans la fonction qu’elle exerce jusqu’à la fin du monde. Le monde à feu et à sang dans lequel nous vivons est continuellement défendu par la Mère de Dieu devant la face du Père. Et la Vierge peut faire cela parce qu’elle est continuellement « tournée vers la Vie », dit le kondakion. La Mère de Dieu est sans se lasser orientée vers son Fils seul Médiateur et seul Sauveur.
Voir la Présence invisible
Nous comptons sur sa vigilance pour présenter nos espoirs à son Fils et son Dieu : elle plaide pour notre famille, pour nos amis, pour nos ennemis et surtout pour ce pauvre monde qui s’auto mutile. Nous lui parlons des légitimes soucis de notre vie : la santé, le bonheur familial, une place utile dans la société des hommes… Mais ce que nous demandons de plus grand à la Mère de Dieu est dit au Fils dans le tropaire de sa Transfiguration : « Que ta lumière éternelle resplendisse aussi pour nous pécheurs, par les prières de ta Mère, ô Donateur de lumière ! » Voici ce que nous demandons à la Vierge : qu’elle nous conduise à son Fils, qu’elle nous le fasse connaître et qu’elle nous le montre dans le resplendissement de sa divinité – qu’elle nous rende aptes à voir Jésus le Messie dans toute sa gloire !
Je retiens : j’attends de la Mère de Dieu qu’elle me montre le Seigneur Jésus dans sa gloire
(a.p. Marc-Antoine – 16/08/2026)