“Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi”         “Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit”      “Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi”         “Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit”   

Homélie du 8ème dimanche après la Pentecôte – La multiplication des pains – Matthieu14, 14-22

multiplication-des-pains

Partagez :

L’Esprit manifesté par le Fils –

De dimanche en dimanche, nous contemplons l’action du saint Esprit par le Verbe fait homme, Jésus Christ. Par ses paroles ou par ses actes, le Sauveur manifeste combien Il est comblé de la grâce de l’Esprit du Père. Le Christ est vrai Dieu et vrai Homme ; Il est une Personne divine ; et Il est, nous le voyons encore aujourd’hui, débordant de l’Esprit Paraclet, le Consolateur. Ou, pour dire autrement : presque chaque page du saint Évangile est une manifestation du saint Esprit à l’œuvre dans le monde, par le ministère du Christ. Nous apprenons à déchiffrer cette opération mystérieuse.

Le charisme de la compassion

Dans l’évangile que nous venons d’entendre, le Christ manifeste un charisme spécifique du saint Esprit : la grâce de la compassion. Celle-ci n’est pas une vertu humaine. Elle n’est pas la pitié. Elle ne résulte pas de la seule décision et encore moins des seuls bons sentiments philanthropiques qui seraient ceux de Jésus de Nazareth. Elle est un charisme, une énergie divine qui opère à travers l’humanité sainte et déifiée de Jésus. La grâce n’est pas abstraite. Elle modifie le corps humain des saints. Ici, nous entendons qu’elle agit concrètement comme ce que ressent une femme en son corps : les « entrailles » de Jésus se serrent de façon maternelle ; et le Fils, par le saint Esprit, manifeste par son humanité la divine compassion du Père. Le Trois-fois-Saint est à l’œuvre dans son monde.

L’amour du Père

La compassion est divino humaine : Dieu éprouve de la miséricorde pour son peuple et Il émet cette miséricorde, le message de son cœur de Père, par son saint Esprit. Nous parlons humainement de Dieu parce que Dieu a choisi de s’exprimer humainement, de se comporter de façon humaine parmi les hommes. Et, en plus, cette compassion charismatique a une puissance divine, la puissance créatrice, qui se manifeste ici par le foisonnement des créatures. Sans une parole, effacé même derrière ses disciples, en silence, le Seigneur et Créateur produit un phénomène spectaculaire : la multiplication des pains. Mais, ne nous y trompons pas : ce qui est extraordinaire, c’est avant tout l’amour fou de Dieu pour l’humanité, qu’aujourd’hui encore, par la pensée et la main de tant de nos généreux contemporains, Il irradie.

L’Évangile  et l’Actualité

Rapportons cet épisode historique à l’histoire contemporaine. Plaçons cet évangile dans le contexte de l’actualité planétaire. Voyons comment, derrière le déploiement des efforts humanitaires en faveur d’une humanité affamée, il y a la présence du Dieu de compassion : « donnez-leur vous-même à manger ! » En amont des camions humanitaires, des associations caritatives et des décisions des chefs de ce monde, il y a, discrètement, effacé derrière les entreprises humanitaires, en silence, le Seigneur qui produit un phénomène : la  multiplication de l’aide en médicaments et en aliments. Les œuvres de bien qu’accomplissent les hommes sont transfigurées par la présence en elles du Christ par le saint Esprit. Dans quelques jours, nous célèbrerons la glorieuse et divine Transfiguration sur la montagne. Mais aujourd’hui, « dans le désert », au milieu d’une « foule nombreuse », pas très loin de Gaza, le Christ se transfigure et rayonne de la compassion du Père.

Le Seigneur délègue le bien

En transparence de la générosité des hommes, nous voyons de façon lumineuse la générosité de Dieu. Ce n’est pas pour déposséder les hommes et leur confisquer le bien qu’ils font, que nous le confessons. Non : c’est pour révéler les fondements transcendants de tout ce qui se fait de bien, de beau et de bon dans le monde. Dieu est bon, bienveillant et bienfaisant. Le Père céleste, comme le dit la prière finale de la Liturgie, est la source de tout bien, et Il multiplie le bien en faveur des hommes. Il pourrait le faire lui-même ; mais Il dit aux hommes : « donnez-leur vous-mêmes à manger ». Et la Mère de Dieu dit, comme à Cana : « faites tout ce qu’Il vous dira ! » Le Père, dans sa générosité, veut agir dans son monde par l’opération des anges et des hommes. Il fait du bien aux hommes par d’autres hommes, membres de son Corps, ou « du dehors ». Et les plus intelligents d’entre eux sont capables de reconnaître par le saint Esprit sa présence invisible et miraculeuse. En tout cas, eu Jugement, le Seigneur reconnaîtra « bénis de son Père », ceux du dedans comme ceux du dehors.

(a.p. Marc-Antoine)
Derniers articles
Même sujet
Newsletter
Lettre d’information