« Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi »         « Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit »      « Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi »         « Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit »   

Le péché empêche-t-il d’être sauvé ?

st Jean Damascene

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Salut –

Si l’on entend par « salut » la communion éternelle avec les personnes divines et les personnes humaines – la jouissance sans fin de l’amour divin et l’accès à l’horizon même de l’existence créée – il est vrai que le péché est le seul obstacle à ce bonheur. Le péché crée un mur entre les personnes. Il produit une opacité qui cache la réalité du monde. Il dégrade la perception que nous pouvons avoir de la présence en tout du Seigneur. Au Paradis, cette occultation prend le signe des feuilles de figuier dont se voilent les êtres humains.

Liberté

Toutefois, cet état de mort lente ou rapide n’est pas sans remède. D’une part, l’être humain peut ne pas pécher : il est créé bon et porte le sceau de l’image divine. D’autre part, le péché est un état fini alors que la miséricorde divine est infinie. Le Malin, plus d’une fois, nous ferait croire que notre péché est plus important que la miséricorde : c’est une tromperie, et une illusion d’optique, comme un tampon sur l’œil qui te cache le soleil. Mais le péché n’est ni une obligation ni une fatalité, parce que la Création est le lieu de la liberté. « Va, et ne pèche plus ! », dit Dieu.

Passion

Plus grave est le cas où le péché prend la forme d’une passion, c’est-à-dire d’une addiction, d’une habitude qui nous asservit. Nous nous identifions à lui. Il devient une seconde nature, artificielle mais bien réelle. Le jugement d’autrui, par exemple, peut se muer en un vice apparemment indéracinable, comme l’enseigne saint Jean Climaque. La vanité, ou « vaine gloire », est une pathologie qui colle pour ainsi dire à notre âme, d’autant qu’elle est accompagnée d’une grande jouissance. L’universelle convoitise, cette maladie de vouloir égoïstement jouir des êtres et des choses et les posséder, en vient à susciter la culture entière d’une société.

Enfer

Les passions, selon les saints Pères, ne sont pas pourtant incurables. Elles sont la forme durable que prend le péché. Elles nous tuent à petit feu et font souffrir notre entourage. Si nous ne les guérissons pas, elles nous tourmenteront dans l’au-delà, comme on le voit dans l’évangile du Mauvais Riche. Saint Jean Damascène, et les Pères contemporains comme saint Dumitru le Confesseur, transmettent l’enseignement selon lequel l’enfer est le tourment né d’une passion qui n’a plus d’objet pour se satisfaire ; c’est le supplice d’une frustration sans remède. Et c’est une ingratitude sans fin.

Remède

Toutefois, la tradition ascétique de l’Eglise des Pères, telle qu’elle est accessible dans la Philocalie, présente la thérapeutique des maladies de l’âme, suivant la tradition du saint Evangile. Le péché, et les passions qui le prolongent, sont traités d’abord par l’amour douloureux qui naît dans notre cœur à la pensée du Christ le Miséricordieux. Le remède, en effet, est de nature mystique. La foi que nous mettons dans notre Maître nous fait le suivre et mettre en pratique son enseignement. Généralement, une passion se traite par son contraire : le Christ enseigne à bénir ses ennemis pour guérir en nous la haine, l’indifférence et l’amour égoïste de soi. La jalousie se traite par la louange pour autrui : c’est une des portes d’entrée au Royaume de la joie éternelle en Dieu.

Je retiens : je peux ne pas pécher

(a.p. Marc-Antoine – 17/10/2026)
> fresque de saint Jean Damascène (atelier saint Jean Damascène)
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