La jeunesse du Seigneur Jésus notre Maître nous guide ! Nous connaissons un peu son enfance ; nous connaissons mieux le jeune homme de trente ans, âge maximum de la plupart d’entre nous à NEPSIS. Pensons à sa jeunesse, à son agilité physique de marcheur infatigable ou presque (Jn 4, 6). Une seule fois, Il utilise un véhicule : un gentil petit âne pour entrer dignement à Jérusalem ! Pensons à la jeunesse de son âme sainte : Il s’étonne de la foi du centurion (Lc 7, 9) et de la Cananéenne (Mc 7, 29) ; Il admire le Précurseur (Lc 7, 28) ; Il s’émerveille de la beauté du monde (Mt 6, 26-28). Il est doux avec les enfants (Mt 19, 13) et compatissant avec ceux qui souffrent (Lc 7, 11). Sur la Croix, son âme belle et jeune plaide pour ses ennemis. Il s’adresse à son Père d’un cœur jeune et fervent de fils aimant (Jn 17) : la paternité engendre la jeunesse. Surtout, sa jeunesse d’homme parfait, masculinité transfigurée, traduit sa jeunesse divine : Il est Dieu avant les siècles ! En lui, jeunesse et sainteté coïncident.
« La sainteté, un bonheur en Dieu à partager autour de soi » : la Mère de Dieu en témoigne. Elle a l’âge des plus jeunes de NEPSIS. Nous la connaissons à trois ans dans le Temple. Nous connaissons mieux encore l’adolescente à qui l’ange rend visite. La jeunesse de son âme de moniale et de mère voit le monde invisible. Elle se montre par l’émerveillement et la gratitude : « Mon âme exalte le Seigneur ! Mon esprit tressaille de joie en Dieu mon sauveur ! » (Lc 1, 46-47). Sa jeunesse vient d’une liberté qui s’est gardée de tout péché. « Comment le jeune reste-t-il sur la voie ? Par la garde des paroles divines », dit David (Ps 118, 9). La jeunesse de la Mère de Dieu se voit dans sa beauté, sa féminité transfigurée. Dans sa Dormition, elle passe « de la vie à la vie ! », sainteté de son âme et de son corps…
Il n’y a pas d’âge pour être jeune ! Jeunesse de nos saints moines aux cheveux blancs… Cultivons, nous aussi, l’émerveillement par la louange et la gratitude. Nous aussi, gardons-nous du péché qui fait vieillir – nous le demandons tous les jours au Seigneur. Il dépend de nous de faire fructifier les dons de l’Esprit reçus au baptême et qui nous font enfants de Dieu (Jn 1, 12). La grâce divine est la jouvence de notre âme et de notre corps sans rides; en elle nous développons la sainteté, ressemblance toujours possible au Fils de Dieu, si jeune, si beau, si bon, si vrai ! Nous voulons tellement être comme lui : « Suis-moi ! », dit-Il à chacun ; « Jeune homme, lève-toi ! » (Lc 7, 14) ; « mon fils, donne-moi ton cœur ! » (Pr 23, 26) Et nous lui répondons : « Maître, je te suivrai partout où Tu iras (Mt 8, 19) ; « Seigneur, Tu sais que je t’aime ! » (Jn 21, 15-17).
Nous aimons tellement le Seigneur Jésus que notre corps et notre âme communient à sa jeunesse : certains saints sont trouvés intacts. Nous apprenons de lui, de sa Mère très pure et de tous ses amis, à entretenir le bonheur et la fête, l’art de se réjouir pour les autres, la félicité d’aimer comme Il aime, la culture eucharistique de la fraternité, de l’amitié, et de l’expérience paradisiaque du couple. Dans la jeunesse de notre cœur, nous avons le charisme de faire autour de nous tout le bien possible ; de rendre heureux les autres ; de nous transfigurer nous-mêmes par l’amour du prochain. La sainteté est l’âme de notre jeunesse et la jeunesse de notre âme ; elle métamorphose notre vie en vie dans le Christ, vie en Dieu. Et, pour notre temps, nous sommes, par la jeunesse de notre amour, capables de faire face aux tentations morbides de tous les jours ; nous sommes armés de la joie du Christ (Jn 17, 13) pour consoler nos proches, l’humanité si éprouvée par ses passions égoïstes.