L’appel –
En ce deuxième dimanche après la Pentecôte, nous faisons mémoire du saint et glorieux prophète Elisée, de l’appel des premiers apôtres ainsi que des saints de chaque pays et de chaque Eglise locale. Comme chaque dimanche, nous glorifions en premier la sainte résurrection du Verbe fait chair, Jésus le Messie. Nous dégageons dans toute cette richesse un appel personnel à nous épanouir en Dieu, à réaliser la plénitude de notre potentiel humain.
L’homme naturel
Le saint n’est pas un homme « augmenté » ; il n’est ni un surhomme ni un demi-dieu ; la sainteté n’est pas un état surnaturel ; elle est la perfection de l’homme selon sa nature. Elle accomplit la prophétie divine : « Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance » (Gn 1, 26). De la sorte, elle est l’état le plus naturel de l’homme. La parole divine propulse l’être humain vers la perfection de lui-même, à condition toutefois qu’il le veuille. Les saints que nous vénérons dans leur icône sont les plus naturels des hommes. Le Christ, qui n’est pas seulement Dieu parfait, mais Homme parfait, est l’exemple type de la sainteté à laquelle nous aspirons.
L’homme parfait
Le Christ, Fils unique et Verbe de Dieu, est l’homme saint, l’homme déifié. C’est pourquoi nous regardons toujours vers lui ; nous avons toujours son icône devant les yeux. Et lui-même nous regarde depuis son icône ou son image fresquée dans nos églises. Il nous regarde et Il nous invite : « Suis-moi ! », c’est-à-dire : viens t’accomplir à ma ressemblance. Nous comprenons pourquoi nous sommes disciples de Jésus Christ. Nous sommes appelés à l’imiter, à lui ressembler, à nous nourrir et nous abreuver de sa parole : nous communions à son Sang très pur et à son Corps très précieux, nous assimilons son humanité sainte et déifiée et, simultanément, Il nous assimile à lui et nous déifie. La sainteté humaine est ainsi l’appropriation de la sainteté du Christ et notre incorporation à lui.
La personne
Toutefois, ne pensons pas que cette assimilation consiste en une dissolution de nous-mêmes dans l’humanité déifiée de Jésus-Christ. Pas du tout ! Plus nous nous unissons à notre modèle divin ; plus nous l’assimilons ; plus Il nous assimile à lui, et plus nous devenons des personnes à son image ! Merveille ! La sainteté consiste pour l’être humain à passer d’une vie seulement naturelle, ou seulement individuelle, à la vie personnelle. Les saints, à commencer par la Mère de Dieu, sont les hommes les plus évolués ; ils sont des êtres humains parvenus à la perfection de l’être créé ; ils sont déifiés à la ressemblance du Verbe ; et ils ont évolué jusqu’au maximum de l’existence personnelle en communion avec les autres personnes saintes.
La perfection
Par la foi en Jésus le Christ, par l’immersion baptismale en lui et l’onction de son Esprit, nous avons la capacité d’évoluer à l’infini à partir du donné qui nous est naturel. Le projet chrétien est ainsi, non la « transhumanisation » artificielle de l’être humain, mais sa transfiguration définitive et personnelle par-delà la mort. Le projet n’est pas un prolongement indéfini, ou l’addition d’une rallonge à l’humanité, l’adjonction d’une prothèse informatique. Il est la perfection de l’évolution de l’homme selon sa nature, jusqu’à la perfection de la stature du Christ avec tous les pouvoirs qui sont les siens. L’immortalité est, non la poursuite sans fin de la vie biologique, mais l’entrée dans la Vie, ce que prouve la résurrection du Christ. Tel est le prodigieux défi chrétien !