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Je doute de la foi de l’Eglise

Evangile orthodoxeLa tentation la pire –

Le doute est une tentation terrible. Adam et Ève l’ont connu au Paradis, mais, manquant d’expérience, ils ne surent pas s’en garder ou y riposter. Plus proche de nous, l’apôtre Judas, qui, pourtant vivait dans la familiarité du Verbe qui l’appelait ‘mon ami’, ne vit pas arriver la redoutable tentation. Pourtant le Maitre l’avait averti à plusieurs reprises au cours de l’ultime repas. L’Apôtre douta de la divinité de Jésus Christ, de sa Seigneurie et du bien-fondé de sa mission. Il douta que le Royaume purement pneumatique, instauré par le Fils de Dieu en la manifestation de son amour sur la Croix, fût un royaume d’un plus grand prix que les royautés de ce monde. Il trouvait même qu’on aurait dû, sur ce royaume divin ou l’Esprit, Roi céleste et Trésor des biens, règne avec le Père et le Fils, faire des économies pour en donner l’argent aux pauvres. Judas voulait un royaume ou seraient résolus les problèmes matériels des hommes ; il douta de la réalité et de la valeur d’un royaume où les cœurs purs voient Dieu et où les doux héritent la terre du monde transfiguré.

Incompatibilité

Le doute est terrible parce qu’il est l’ennemi de l’amour. Il conduit à l’enfer du désespoir car, lorsqu’on a perdu l’amour et livré l’innocent amour, on n’a plus rien, plus rien n’a de sens, il n’y a plus de présence, il n’y a plus personne, on ne peut plus se tourner vers l’amour pour être par lui absout puisqu’on l’a nié par le doute. Le doute est l’ennemi juré de l’amour. On a livré alors le sang innocent de l’amour, irrémissible péché contre l’Esprit. Le doute est la grande trahison, la grande trahison d’Adam et de Judas.

Le Diable s’en mêle

La suggestion diabolique qui te fait douter de la personne que tu aimes et qui t’aime procède de l’ingratitude et de la jalousie lucifériennes. Le Malin ne supporte pas la seigneurie du Seigneur ni la divinité de Dieu. C’est pourquoi, au Paradis, il osa s’approcher de la belle créature à l’image et pour la ressemblance de Dieu, et inséminer en elle, par un véritable viol de la conscience, le répugnant soupçon. Adam soupçonna Dieu d’être trompeur, menteur et imposteur. Or, quand tu soupçonnes une personne d’imposture, tu ne peux plus rien recevoir d’elle. Le doute engendre et enfante la rupture, la désobéissance ou surdité de l’âme. La défiance conçoit la calomnie, dont Satan, Père du mensonge, est l’initiateur.

Le Supplanteur

Le Père du mensonge veut supplanter le Père de la vérité. Il veut être dieu a la place de Dieu. Il n’est pas seulement jaloux de l’homme et de la faveur dont celui-ci jouit auprès du Créateur : il est jaloux de Dieu. Il revendique pour lui-même toute adoration et tout culte. C’est pourquoi le doute et la défiance conçoivent et enfantent l’apostasie et chassent les hommes du Paradis de la vérité qu’est l’Eglise du Fils unique et Verbe de Dieu. Pire que tout, le fait qu’aucune argumentation, aucune réfutation, aucune démonstration, aucun témoignage venu d’un saint de Dieu ou de Dieu lui-même, ne t’arrêtera sur la pente glissante de la suspicion et de l’apostasie. Dès la première atteinte du mal, dès la première intoxication par le virus mortel du doute, nous pouvons réagir et guérir de cette pathologie naissante. Car, en vérité, le doute est une maladie de l’âme qui se nourrit de tout ce qu’elle trouve. Le remède est dans une alimentation appropriée, une nourriture qui répugne aux cellules cancéreuses du doute.

Les remèdes

Ils sont nombreux, comme d’habitude, à la disposition de l’homme de foi. Le premier est certainement l’aveu ou confession de l’horrible péché. Mais, pour être purifiés et guéris, il nous faut la grâce du repentir, si rare. Elle se formulera ainsi : comment ai-je pu douter d’un tel amour ? Comment ai-je pu douter de toi, ô Dieu, ô Maître, mont sur la Croix par amour pour tous ? L’horreur d’avoir douté du Bien-aimé et de l’avoir renié devrait nous inspirer de brûlantes larmes. Il nous faut mettre à mort le morbide doute ; extirper de notre sein la semence empoisonnée qui pourrait tuer l’amour, s’il était possible.

Dire courageusement la foi de l’Église : Je crois un seul Dieu ! Cette affirmation déjouera les pièges des démons et tirera notre conscience de semi torpeur où elle s’est alanguie. Confessons courageusement la foi de l’Église devant Dieu, devant les hommes et devant les anges, y compris les démons, ces anges déchus.

Prier les martyrs devrait être d’un grand secours. Ce sont en effet ceux qui ont confessé et confessent de nos jours la vraie foi. Le sang qu’ils ont versé pour la foi et le médicament de ton doute et de ta suspicion : saints et victorieux martyrs, priez pour moi, pécheur !

Relis le saint Évangile, et cherches-y si Jésus Christ est un menteur, un trompeur ou, comme l’on dit certains de ses détracteurs, un imposteur. Comment un imposteur, un arnaqueur religieux serait-il monté sur une croix à la place de l’assassin qui y était promis, Barabbas ? Un fondateur de secte ne donne pas sa vie pour les membres de son troupeau. Rien dans l’Évangile qui permette de douter de la foi que l’Église a mise depuis toujours en son saint et divin Maître.

Enfin, crucifions librement notre intelligence à l’incompréhensibilité de Dieu. Acceptons d’aimer sans comprendre. Celui qui, par amour pour lui, s’incline devant la transcendance du Seigneur et le glorifie comme In compréhensible, Inconnaissable, Invisible, Insaisissable, ouvre son intelligence et son cœur fermés à l’illumination mystique du saint Esprit. En effet, après sa résurrection d’entre les morts, le Seigneur Jésus Christ est entré, toutes portes étant fermées, dans la pièce où se tenaient les apôtres. L’hommage rendu à l’incompréhensibilité divine est, non pas l’abdication et le désastre de l’intelligence, mais l’oblation aimante de celle-ci. Le sacrifice de notre logique humaine ouvre à la glorification sans limites.