La relation –
L’évangile que nous venons d’entendre donne toute son importance à la relation personnelle que nous pouvons avoir avec le Christ Sauveur. Être chrétien relève d’une rencontre avec le Christ qui se manifeste comme notre Seigneur, comme l’Ami, l’Interlocuteur, sinon exclusif, du moins privilégié de notre vie. Nous croyons de tout notre cœur que Dieu veut se manifester ainsi à nous, à ceux que nous aimons et même à nos ennemis ! La lecture du saint Evangile nous conforte dans cette foi : nous trouvons quantité d’exemples de cette rencontre rigoureusement personnelle, qui donne à la foi sa consistance et à la réalité religieuse sa raison d’être.
Le dialogue
L’évènement qui est rapporté aujourd’hui est précisément celui de la rencontre. Nous y entendons comment Dieu s’y prend pour croiser le chemin de cette femme à laquelle nous pouvons nous identifier. Dieu se fait homme pour rencontrer des êtres humains. Nous savons bien que dans plus d’un passage de la Bible, Il se fait l’interlocuteur de tel ou tel personnage historique : Abraham, Noé, Moïse, et de si nombreuses autres personnes. On pourrait dire que la Bible est l’encyclopédie des rendez-vous de Dieu avec des personnes humaines ; elle est le témoignage d’un continuel dialogue divino humain, comme le rappelait saint Dumitru le Confesseur. Mais le Seigneur se fait homme pour renforcer encore la réalité de cette rencontre de personne divine à personne humaine.
L’Esprit
Dans l’épître de ce jour, nous entendons l’apôtre Paul témoigner de cette révélation personnelle : la connaissance de Dieu lui est venue « par Jésus Christ », et nous savons qu’il fait allusion à l’épisode fondamental du chemin de Damas (Actes 9, 2-8). Dieu, atteste-t-il, l’a « appelé par sa grâce » et lui a révélé son Fils. Pensons également à l’apôtre Pierre qui affirma à Jésus : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Matt 16, 17). Et le Seigneur Jésus assura que cette révélation venait du Père seul, ce qui est interprété par les saints Pères comme l’œuvre de l’Esprit, qui nous fait « naître d’En Haut », suivant les mots de saint Jean (1, 13). A la suite des Apôtres et des Pères, plusieurs saints contemporains, comme Silouane et Sophrone le Nouveau de la sainte Montagne, témoignent que l’être humain peut connaître Dieu par le saint Esprit.
Victoire
Nous ne pouvons donc nous satisfaire d’une religion extérieure, aussi belle soit-elle. Nous aspirons, nous aussi, à connaître le Seigneur par expérience, comme le fit cette veuve de la ville de Naïm, et comme le firent tous les chrétiens depuis le commencement. Parce que le Christ s’était fait reconnaître comme Seigneur et qu’ils le reconnaissaient pour Tel, ils franchirent d’immenses difficultés sans fléchir. Nous aussi, sachons que nous traverserons les épreuves historiques qui s’annoncent parce que nous aurons dans notre vie, à demeure, dans notre cœur, comme inspirateur de nos pensées et de nos choix, le Christ révélé à nous par le saint Esprit. C’est ainsi, encore mieux que par les études de ce monde, que nous préparons nos enfants et nos jeunes à vaincre, comme la femme de ce jour, le désespoir.