« Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi »         « Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit »      « Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi »         « Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit »   

Homélie du dimanche 16 août : Matthieu 18, 23-35

saint Etienne

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Le dieu du pardon –

L’appel au pardon résonne fréquemment dans le saint Evangile, dans les offices liturgiques et dans le témoignage des saints. Le pardon est peut-être l’essentiel du message de Dieu, particulièrement depuis qu’Il s’est fait homme. Sur la Croix, sa parole fondamentale est une demande de pardon en faveur de ses ennemis. Dans le Verbe incarné, Dieu se révèle comme Dieu de la miséricorde et du pardon.

Alliance nouvelle

Nous pouvons souvent avoir l’impression que le pardon est conditionné par une réciprocité : si tu pardonnes, je te pardonne. Cela ressemble à un contrat, à une loi : effectivement, il s’agit bien d’une forme nouvelle d’alliance entre Dieu et l’homme, l’alliance du pardon, la loi nouvelle suivant laquelle le baptisé est appelé à vivre. Mais, dans le Notre-Père, nous disons « pardonne-nous nos offenses comme nous remettons » ou « remets-nous nos dettes comme nous les remettons à nos débiteurs ». Cela élargit la perspective. On peut peut-être comprendre « pardonne-nous à la mesure dont nous pardonnons ».

L’amour inconditionnel

La fréquentation quotidienne de notre Maître, la conversation continuelle avec lui, par la prière où Il nous répond par le saint Esprit, par la lecture de l’Evangile où Il nous enseigne par sa propre parole et son exemple, nous font comprendre que le pardon divin est inconditionnel. La miséricorde du Seigneur est éternelle, nous l’entendons dans le psaume. Son amour de Dieu est sans limites et sans conditions. Il pardonne tout, toujours et à tous. Sur la Croix, Dieu pardonne à des ennemis dont Il n’exige pas qu’ils lui demandent pardon. Et saint Etienne, ressemblant à Dieu en cela, pria pour le pardon de ceux qui le lapidaient.

L’émerveillement

Il y a un moment dans la vie des saint quand ils inversent la proposition. Ils prient en quelque sorte ainsi : Père céleste, Fils et saint Esprit, accorde-moi de pardonner comme Tu nous pardonnes ! L’émerveillement que fait naître en nous le saint Esprit à la seule pensée de la miséricorde que le Père nous a montrée par son Fils, fait naître en nous le désir de répondre à cet amour. Moi aussi, je veux pardonner comme Toi, Maître, Tu nous en donnes tous les jours l’exemple. Moi aussi, je veux aimer comme Tu aimes. Telle est l’œuvre de l’Esprit dans le cœur des saints c’est-à-dire, potentiellement, de chaque baptisé.

Le fond du cœur

Cela permet de pressentir ce que le Maître peut bien vouloir dire dans l’évangile de ce jour : « pardonner du fond de son cœur ». Qu’est-ce que c’est que ce « fond du cœur » ? Comment le situer ? Comment l’atteindre ? Laissons-nous, comme d’habitude, guider par l’Esprit : c’est lui, le Pédagogue, qui nous interprète les paroles du Maître. Quand nous sommes incapables de pardonner, par exemple – expérience fréquente – demandons la grâce de pardonner : « Rends-moi digne de pardonner du fond du cœur à ton serviteur Untel ! » A longueur de prière et de jeûne, car il est bon de persévérer, nous sommes conduits à une zone du cœur qu’on peut appeler la zone inconditionnée. Elle est en deçà de tout explication, de toute excuse, de toute raison. Il y a un lieu – « l’innocence qui est en moi », dit le psaume – où tu n’es qu’amour.

Je retiens : pardonner comme le Christ Dieu pardonne…

(a.p. Marc-Antoine – 16/08/2026)