Le Fils et l’Esprit –
Au Nom du Père et du Fils et du saint Esprit, l’évangile de ce jour s’inscrit dans tout l’enseignement dont nous jouissons depuis la sainte Pentecôte, et qui consiste à montrer la divinité de Jésus Christ et l’action du saint Esprit par lui. Ce récit nous rend perplexe, et la tendance de la plupart des commentateurs est d’en donner tout de suite une interprétation allégorique. Pourtant, rien ne nous autorise à éviter le sens littéral de cette parole. Elle fait suite au récit de la multiplication des pains. L’un et l’autre de ces évènements est attesté par des témoins et l’on ne peut en nier le caractère historique. Rappelons toujours que la foi et la vie des chrétiens et des juifs nos pères reposent sur des actions et des faits divins qui confirment la Parole.
La Transfiguration sur la mer
De même que, sur la montagne, le Christ a révélé de façon éblouissante sa divinité, aujourd’hui, sur la mer de Tibériade, Il montre qu’Il est le Seigneur Souverain, le Pantocrator, celui qui tient tout dans sa main et qui gouverne toutes les créatures. A la théophanie du Thabor répondent, à la fois la théophanie de la multiplication des pains et celle de la maîtrise des flots. Non seulement le Seigneur Jésus Christ est le resplendissement du Père Souverain, mais Il donne la preuve de la présence du saint Esprit en lui-même. Quand le Verbe du Père agit dans la création dont Il est l’auteur, Il le fait toujours par la puissance du saint Esprit dont Il irradie les énergies divines. C’est surtout par sa parole, portée par l’Esprit du Père, que le Verbe, dans la genèse de l’univers aussi bien qu’en ce jour, exerce sa puissance divine.
Le respect de la Création
Le saint Évangile, on le voit, est profondément théologique : Dieu parle par lui, se révèle par lui, et éclaire toute personne selon la pureté de son cœur. Pensons aux prolongements de cette parole dans la vie du monde et dans notre vie personnelle. L’évangile de ce jour nous inspire un immense respect pour la création et un sentiment de responsabilité à son égard. Le Dieu Souverain a sanctifié la roche de la montagne et les flots de la mer quand ses pieds divins s’y posèrent. La dimension cosmique de la Transfiguration sur le Thabor comme de celle de ce jour nous enseigne sur la sagesse profonde qui se trouve dans la Création. Il nous revient le message des psaumes : le ciel, la terre et la mer chantent les louanges du Seigneur (cf Ps 145 ; 103 ; 88, etc.) parce qu’ils le connaissent. Les créatures répondent à leur créateur parce qu’elles sont imprégnés de son intelligence, de sa sagesse ; parce qu’elles sont animées par les énergies de sa grâce créatrice. Ainsi, aujourd’hui, la mer reconnaît et écoute la voix de celui qui l’a créée et qui a dit : « Que les eaux qui sont sous le ciel s’amassent » et Il « appela la masse des eaux ‘mer’ » (Gn 1, 9-10). Ce grand mystère fait naître le respect de la Création, que nous enseignons à nos enfants et à tous les membres de nos paroisses.
La Présence consolatrice
La Création, mise à l’épreuve par toutes sortes de souillures et de cataclysmes dont le péché humain porte la responsabilité, réclame notre respect, notre compassion et notre sollicitude. Le jeûne de ce temps lui-même nous enseigne à renoncer à nos comportements de prédateurs et de jouisseurs égoïstes. Les créatures demandent notre amour parce qu’elles se réclament du Créateur, du Souverain du ciel et de la terre, de la mer et de tout ce qui s’y trouve, et qui les calme, les console et les apaise par sa parole pleine de douceur adressée à ses disciples : « c’est Moi ! ». Le Créateur s’annonce aux hommes et à toutes les créatures. Et Il nous enseigne que, nous aussi, comme l’apôtre qui y pose le pied, nous pouvons gouverner les flots et toutes les créatures par la foi. D’autres saints en ont donné l’exemple, par exemple sainte Marie l’Égyptienne, tous ceux qui ont laissé le Christ pacifier les flots tourmentés de leur âme.