“Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi”         “Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit”      “Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi”         “Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit”   

Pourquoi a-t-on ou n’a-t-on pas la prière ?

psithurisme

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L’activité naturelle –

La prière est l’activité la plus élevée à laquelle les anges et les hommes peuvent se livrer. Par la prière, la créature dialogue avec son créateur. Elle est l’activité naturelle. Au Paradis, l’homme parlait à Dieu avec familiarité. Même dans le monde déchu, les saints prophètes comme Moïse ou Élise parlaient à Dieu et Dieu leur parlait. Il est naturel de prier comme de respirer, comme de s’adresser à un proche. Pour un baptisé, la prière naît de l’onction du saint Esprit qui lui est donnée. Elle prépare pour lui l’appartenance au Royaume. Et ceux qui ne sont pas encore unis au Christ par la foi et les sacrements reçoivent dans une certaine mesure l’inspiration du saint Esprit pour s’adresser à la Divinité, d’une façon ou d’une autre. La prière, en quelque sorte, définit l’homme, quoiqu’elle définisse également le monde angélique, qu’elle soit louange ou qu’elle soit supplication.

La grâce de la prière

Toutefois, la prière n’est pas seulement la disposition la plus naturelle à l’ange et à l’homme. Elle est également une grâce, un don, un charisme. Celle ou celui qui prie fait toute la différence entre les moments où il s’adresse à Dieu avec ses seuls moyens naturels et ceux où lui est donnée d’En Haut la grâce de prier. La grâce se manifeste comme facilité, comme légèreté, comme aisance, comme naturel supérieur à la seule démarche naturelle. Nous voulons prier. Nous prions parce que c’est notre fonction naturelle et surtout baptismale. Mais, livrés à nos propres forces, la prière est quelquefois ardue, froide, en butte à toutes sortes d’obstacles ; elle devient un effort comme si nous devions accomplir une démarche étrangère à notre nature !

La gratuité de l’amour

Les saints disent que le Seigneur veut nous enseigner à discerner sa présence. Que la grâce de la prière soit ressentie ou qu’elle manque, c’est d’abord le signe de la pédagogie du Père. Une prière accomplie uniquement par devoir n’est pas la plus agréable à Dieu : Il n’attend pas que nous nous dirigions vers lui seulement selon une obligation ou une loi. Il y a en tout cas dans notre vie, un moment où Dieu veut que nous allions à lui par la grâce qui vient de lui et qui nous attire à lui, c’est-à-dire par amour. Mais, alors, qu’Il me la donne, cette grâce ! – Oui, mais la grâce n’est conditionnée par rien. Elle est un don gratuit. Dieu lui-même ne se comporte pas selon une obligation. Il ne nous doit rien : Il nous aime, c’est autre chose. Aucune causalité ne gère la relation de la personne humaine et de la personne divine. Cette communion de personne à personne appartient au registre d’une liberté absolue. Pour cette raison, nous avons souvent l’impression d’un arbitraire ou d’un caprice divins, ce qui est une calomnie née de notre ignorance de ce qu’est l’amour.

La fidélité dans l’amour

Puisque nous ne pouvons ni mériter, ni causer, conditionner la grâce divine et obtenir de Dieu qu’Il nous aime ; puisque nous sommes crucifiés à sa liberté et au discernement de son amour et de sa bonté – car Il est bon et Il sait ce qui est bon pour nous – il nous appartient d’être fidèles, ce qui est une belle façon d’aimer pour rien, par amour, gratuitement ! Il nous appartient de travailler, par la pratique des commandements, par la lecture de la Parole, par une prononciation attentive des mots de la prière, de façon à préparer sa venue. Le paysan travaille la terre pour les semailles et pour la pluie. L’amoureux ou l’amoureuse prépare tout à la maison pour le retour de l’aimé. Le musicien s’exerce au piano ou au violon avec constance : un jour, il lui sera donné d’exécuter telle phrase musicale comme s’il l’inventait !

L’occlusion du cœur

La question du péché est également très importante dans notre expérience de la prière avec grâce. Certaines passions et certains péchés endurcissent tellement notre cœur que nous ne pouvons pas jouir de la grâce de Dieu quand Il nous l’envoie. L’égoïsme sous toutes ses formes, le jugement mortifère d’autrui, la vanité, la convoitise occultent les facultés naturelles que nous avons de connaître Dieu et d’accueillir en nous son amour. Ce sont des contradictions telles que nous nous rendons nous-mêmes incapables de ressentir la grâce douce, subtile, et son « psithurisme », son chuchotement. Dieu est tellement doux qu’Il n’est accessible qu’aux doux de cœur !

La grâce du repentir

Toutefois, le Seigneur veut utiliser notre péché lui-même pour nous approcher de lui. Une prière qui demande le pardon, une prière inspirée par le regret et l’horreur de nos fautes, recevra la grâce d’être prière. L’innocent prie d’un cœur léger qu’anime la grâce ; le pécheur priera également d’un cœur léger quand le repentir l’aura ressuscité des péchés qui le tuent. Le seul sentiment qui l’empêcherait encore de prier et, en fin de compte, d’être sauvé au dernier Jour, est la justification de soi.

(a.p. Marc-Antoine – 09/08/2025)