Immersion –
Nous entrons dans le saint et grand Carême, celui de Pâques, comme on entre dans une eau très chaude ou très froide : progressivement ! On s’humecte le bout des doigts ou des pieds ; on se mouille le visage et les épaules, avant de se plonger avec courage et enthousiasme. Les dimanches qui précèdent l’entrée dans le grand Jeûne assurent une telle progression dans l’immersion salutaire ! En vérité, la belle Quarantaine est une immersion, au sens propre du mot baptême : toute notre vie, nos pensées, nos paroles et nos actes vont être trempés de la vie du Christ comme d’une eau de jouvence !
Rencontre
Aujourd’hui, l’occurrence providentielle du dimanche du Pharisien et du Publicain avec l’avant-fête de la Présentation du Christ au Temple indique que le saint Carême est le temps de la rencontre de la personne humaine et de la personne divine. Les deux personnages de l’évangile sont deux hommes qui parlent à Dieu, l’un pour se vanter, l’autre pour s’humilier. Pour l’un comme pour l’autre, Dieu existe, Il est quelqu’un auquel on s’adresse et à qui on se confie ; Il est la norme de notre vie ; c’est sous son regard que nous nous conduirons sans cesse jusqu’à Pâques et, si possible, au-delà et tous les jours de notre vie !
Dieu accessible
La rencontre avec le Christ est facile parce qu’Il est Dieu fait homme. Nous pouvons lui parler humainement, ce que font d’ailleurs les deux personnes venues au Temple pour y prier. Elle est d’autant plus facile pour nous si nous confessons la vraie foi et sommes baptisés, c’est-à-dire déjà immergés dans la vie de ce Dieu-Homme et oints de l’Esprit de son Père qui est également le nôtre. La facilité de rencontrer le Seigneur vient donc de la grâce divine qui rend tout léger et de la présence invisible et corporelle du Sauveur.
Le prochain
Nous le rencontrerons, non seulement parce que nous irons nous aussi au temple, à l’église, pour y prier plus souvent que d’habitude, mais parce que nous cultiverons la sensibilité à sa présence dans toutes les circonstances de notre vie : à la maison, au travail, dans les transports en commun, quand nous nous promènerons dans la forêt, à la campagne ou en bord de mer – dans ce temple qu’est la Création ! Et surtout, nous ferons ce que ne sut pas faire le Mauvais riche : nous rencontrerons le Christ à notre porte, mendiant discrètement notre aumône, notre attention, et notre amour. Nous le rencontrerons comme sut le faire le Bon Samaritain, dans ceux qui souffrent.
Lumière et joie
Le grand Carême s’annonce comme le temps d’une grande joie, celle de la sainte rencontre avec notre Sauveur, semblable à celle que firent le vieillard Siméon et la prophétesse Anne. Ils rencontrèrent le Sauveur dans un petit enfant conduit par ses parents. Nous le rencontrerons dans ce qu’il y a de meilleur en nous-mêmes, dans ce qu’il y a en nous de plus neuf, de plus virginal et de plus intelligent ; et nous dirons, comme les Anciens : « Mes yeux ont vu la Lumière ! » – la lumière du Christ présent dans tous ceux que nous rencontrerons, y compris dans notre propre cœur…
Je retiens : la joie de rencontrer le Christ
(a.p. Marc-Antoine – 31/01/2026)