Illusion –
La honte est une passion apparue au Paradis, dès le premier péché. Elle est une barrière entre la personne humaine et son Dieu, ou entre elle et les autres. Nous avons plutôt honte devant les autres que devant Dieu parce qu’Il sait tout de nous, ou bien parce que nous ne croyons pas à sa présence. Au dernier Jour surtout toute notre vie sera dévoilée.
Victoire
Franchir la barrière de la honte est une victoire de l’humilité ; c’est une victoire de la confiance ; c’est la certitude d’être aimé pour soi. Le sacrement de la confession nous initie à la bonté et la miséricorde divine ; par la présence du prêtre témoin, il nous permet de croire que l’amour fraternel et sans jugement existe au ciel et sur la terre, c’est-à-dire dans l’Église.
Fraternité
Dans l’aveu libérateur de ce qui nous humilie, nous sommes aidés par la pensée que notre prêtre est un frère qui a les mêmes faiblesses que nous. Soyons persuadés qu’il ne nous aimera pas moins quand nous aurons confessé nos péchés les plus honteux. Il nous aime pour nous-mêmes et il considère, comme le dit saint Ambroise, que son péché est pire que le nôtre. Le prêtre est à côté de nous comme un frère qui confesse intérieurement ses propres faiblesses.
Maladie
Nos péchés, ceux qui nous font la plus grande horreur, sont des maladies, des symptômes, des blessures que nous indiquons au Christ Médecin, corporellement et invisiblement présent. Les erreurs que nous commettons en pensée pour commencer, en paroles et en action pour finir, engendrent des pathologies, des addictions que les Anciens appellent des passions. N’ayons pas honte de procéder devant le Dieu de miséricorde à une description de nos maladies : la grâce divine du pardon aura pour fruit la santé de l’âme.
Pardon
Ne redoutons pas non plus de demander pardon à l’Ami dont nous avons blessé l’amour par l’usage maladroit de notre liberté. Exerçons-nous dans la solitude à demander pardon au Seigneur : appelons par leur nom les façons dont nous nous sommes éloignés de sa Personne divine. Une fois habitués à dire à Dieu la vérité sur nous-mêmes, venons au sacrement de l’absolution, pour détester devant témoin et sans avoir peur des mots tout ce qui n’est pas nous quoique nous l’ayons pensé, fait ou dit. Le péché est un non-moi, et notre conscience éclairée par l’Esprit, le sait : c’est moi qui l’ai fait, et pourtant ce n’est pas moi, le Consolateur me dit que je suis plus grand que mes fautes.
Je retiens : mon péché n’est pas moi !
(a.p. Marc-Antoine – 31/02/2026)