“Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi”         “Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit”      “Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi”         “Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit”   

Les péchés non confessés du parent non croyant ont-ils une influence ?

CHRIST 2012

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Le péché fait souffrir tout le monde –

Nous ne pensons pas toujours au fait que nos péchés ont une influence sur ceux et sur ce qui nous entoure. Le péché n’est pas seulement la dégradation du bien ou un moindre bien ou encore l’absence de bien. Le péché est un mal actif. Il est le fruit des passions, elles-mêmes produites dans l’âme par toutes sortes de suggestions, appelées « pensées » par les Anciens. Nos péchés font du mal aux personnes qui nous entourent et font souffrir également les autres créatures, comme les animaux, les plantes, notamment. Ainsi, dans le milieu familial, les péchés de chacun ont des conséquences. Le péché fait du mal à moi et autres.

Les mauvais fruits

Il s’agit surtout des péchés non confessés. Enfouis dans notre conscience, oubliés souvent, occultés dans l’inconscient, inavoués, ils profitent en quelque sorte de notre complicité. Les péchés non confessés font des ravages à l’intérieur de nous-mêmes. Ils nous pèsent. Ils engendrent d’autres maux intérieurs. Dans une communauté, dans un couple, les péchés non confessés sont un obstacle important au développement de l’amour mutuel, parce que le péché est fondamentalement en contradiction avec l’amour. On voit des couples, des familles entières, des communautés stagner dans le malaise, l’irritation, l’impatience, la morosité, le doute, le découragement, simplement parce que l’un d’entre nous nourrit depuis des années, comme un serpent, des péchés qu’il ne reconnaît pas, qu’il n’avoue pas, ou dont il se justifie. Des péchés non confessés sont des péchés non pardonnés : la personne demeure liée. Si elle était déliée par l’absolution, tous autour d’elle s’épanouiraient !

Le repentir pour autrui

L’exemple du Christ lui-même nous instruit. Il monte sur la Croix pour les autres. Il considère le péché d’autrui comme le sien. Les saints ont suivi cet exemple et ont fait pénitence pour le monde. C’est notamment un des motifs de la vie monastique : le repentir pour le monde. Cette attitude fondamentale nous libère du jugement à l’égard d’autrui : « Fais miséricorde au pécheur que je suis ! ». Quand nous connaissons le péché non confessé de notre conjoint, nous pouvons être tentés de juger notre frère ou notre sœur, et de l’accuser des disfonctionnement de notre vie familiale. Nous pouvons être tentés de Le condamner intérieurement pour protéger ainsi nos enfants. En le ou la jugeant, nous croyons éloigner le mal. Nous pouvons également lui adresser ouvertement des reproches pour le conduire à reconnaître ses fautes et, éventuellement, à les avouer devant Dieu. Nous lui ferons plus de bien en confessant ses fautes comme les nôtres pour en être tous déliés! Je lui ferai grand bien en communiant pour lui, pécheur que je suis…

Le mystère de la personne

Le repentir pour autrui est d’une grande force. Il s’enracine dans la Croix et la Résurrection accomplie dans son humanité par notre Dieu. Ce n’est pas rien de faire pénitence pour son conjoint. Toutefois, nous pouvons également recueillir des fruits considérables par la prière de louange. Notre époux ou notre épouse nous fait-elle souffrir par ses péchés et par son impénitence ? Donne-t-elle tous les jours l’exemple de sa mauvaise volonté ? Contamine-t-il ou elle notre foyer par telle ou telle passion ? Rendons grâce à Dieu pour lui ou pour elle ! Nous apprenons à glorifier le Seigneur pour notre frère, d’une part parce qu’il est aimé du Seigneur ; d’autre part, parce qu’il est une personne et, ainsi, plus grand que ses qualités, ses défauts, ses passions et ses péchés. Glorifier Dieu pour le prochain, c’est s’ouvrir au mystère de sa personne, que Dieu seul connaît, et qui est pour nous si mystérieuse… Par la louange, notre amour pour autrui se développe de façon extraordinaire. Or, par l’amour véritable, nous pouvons toucher le cœur du frère.

La louange pour autrui

La louange pour autrui s’enracine dans l’appel du Christ à aimer ses ennemis et à les bénir. Mon conjoint, par ses péchés non confessés, se montre, qu’il le sache ou non, l’ennemi de notre foyer. Bénissons notre ennemi. Faisons-lui tout le bien que nous pouvons. Disons de lui à Dieu tout le bien que nous pouvons : « bénir », c’est « dire du bien ». Allons plus loin : glorifions Dieu à son sujet ; glorifions l’amour dont il est aimé ; glorifions les projets que le Seigneur a pour lui ; et le projet principal que le Christ a pour notre conjoint impénitent est de se révéler à lui, de l’amener au repentir, de lui faire connaitre le bonheur de son amour et la béatitude du salut. « Gloire à toi pour ton serviteur Untel, Seigneur Jésus, gloire à toi ! »

La gratuité dans la prière

Si nous agissons ainsi, la grâce du Christ viendra sur nous. Nous nous déprendrons de toute ambition de réussir, d’imposer le bien à autrui, d’obtenir un résultat. La prière qui ouvre au miracle est celle qui n’attend rien de Dieu. Elle est celle qui glorifie la bienveillance de Dieu avant même qu’elle se soit manifestée. C’est pourquoi, dans les prières de l’Église, nous commençons toujours par glorifier le Seigneur.

(a.p. Marc-Antoine – 18/10/2025)