“Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi”         “Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit”      “Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi”         “Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit”   

Evangile du dimanche après la Nativité : Matthieu 2,13-23

Massacre des Innocents

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Le sens de l’Histoire – 

« Le Christ est né pour nous ! Venez ! Glorifions-le ! », chante l’Église quand elle actualise l’évènement historique de la naissance du Messie. La conscience chrétienne vit au présent l’action de Dieu dans l’Histoire. La réalité historique est ainsi toujours vivante. Le passé est dans le présent ; et l’instant de la mémoire liturgique contient également l’avenir. La première venue du Verbe et Messie dans le monde anticipe sa seconde et glorieuse venue : « De nouveau, avec gloire, Il vient, juger les vivants et les morts, et son règne n’aura pas de fin ! »

La joie des martyrs

Mais la joie qu’apporte dans le monde le Divin Messie est une joie vite blessée, une joie mue en compassion, qui porte en elle la souffrance du monde. La joie n’est pas moindre pour autant. Mais c’est une joie en forme de croix ; c’est la joie paternelle de celui qui porte ses enfants morts. Comment peut-elle demeurer une joie quand la souffrance est si atroce ? C’est que rien ne peut, ni la mort elle-même, altérer la joie d’aimer, la joie qui vient de ce que ceux que nous aimons existent : la mort n’est pas le néant. Elle est, pour les innocents et les justes, la promotion au rang des intercesseurs devant la face divine pour le monde. « Joie des martyrs ! », chante encore l’Église dans sa liturgie.

Le Christ présent

Joie blessée et consolée par la connaissance de la vie impérissable, la joie du Père qui voit le Fils sur la Croix est la présence personnelle de l’Esprit. Le Consolateur descend sur la Croix, non pour nous faire croire que la souffrance n’est rien, mais pour nous dire que l’amour est tout, qu’il se montre dans la souffrance et qu’il est plus grand qu’elle. Et, dans nos douleurs et nos souffrances, l’Esprit Consolateur montre, à ceux qui ont des yeux pour croire, la présence personnelle du Verbe et Messie Vainqueur.

La voix de l’Innocent

La souffrance des mères qui se lamentent et des enfants morts dont on n’entend pas les cris est habitée par le Christ qui « est né pour nous ! » Elle est dilatée par l’amour du Créateur en personne venu s’en faire l’hôte. Le Chant des enfants morts retentit de façon assourdissante en notre temps d’infanticide, et pourtant il n’est entendu que de ceux qui tendent l’oreille. Nous entendons davantage le Chant des mères orphelines. Le cri des innocents est si pur que seuls l’entendent les innocents. Il est si pur qu’il « voit Dieu » (Matthieu 5, 8). C’est un cri-prière ; un cri-intercession ; une plainte qui intercède pour les bourreaux. Le Messie et Verbe du Père est la Tête de cette prière. Au milieu des innocents de tout âge et de tous les temps, c’est la voix du grand et absolu Innocent qui se fait entendre.

La victoire de l’innocence

Ainsi le massacre des enfants consécutif à la naissance du Messie ne représente pas seulement le refus de la Parole et la haine du Christ – ce refus qui marque les âges de l’Histoire et le nôtre, comme le montre l’actualité. Il atteste la puissance même de l’innocence, dont le Verbe, quand Il s’est fait homme, s’est fait le Chef et la Personne. C’est Lui, notre Maître, qui nous apprend, dès sa naissance en ce monde, que l’innocence gagne sur la cruauté. Les martyrs sont honorés comme « vainqueurs » dans la prière de l’Église, parce que rien, ni leur souffrance, ni leur mort, n’a pu ternir leur pureté. L’éclat de leur innocence est plus fort que tout : c’est un éclat vainqueur de tout mal, et la terre lui appartient, comme « elle appartient aux doux » (Matthieu 5, 4).

(a.p. Marc-Antoine – 27/12/2025)