La merveilleuse Présence –
Au Nom du Père et du Fils et du saint Esprit, nous nous émerveillons aujourd’hui de voir comment le Seigneur Dieu prend place dans nos vies telles qu’elles sont, avec nos joies et nos peines. Nous voyons le Dieu-Homme déambuler dans les villages et les villes de la Terre sainte à la rencontre des personnes humaines. Aujourd’hui, Il est à Naïm, en Galilée, au sud de Nazareth, sa propre ville. Nous aussi, nous pouvons être attentifs à la façon dont, invisiblement ou de façon palpable, Il traverse nos vies ou s’y arrête pour nous parler et nous consoler. Naïm est un petit village, et nos vies sont petites, elles aussi, villageois de ce monde que nous sommes.
L’Hôte divin
Nous pouvons demander au saint Esprit de nous dévoiler cette présence divino humaine du Créateur. C’est par le saint Esprit que le Verbe se rend présent aujourd’hui chez nous ; c’est par le saint Esprit qu’Il s’est rendu présent au monde et dans son bon peuple juif ; par le saint Esprit, Il s’était fait citoyen du monde, comme le dit saint Basile le Grand, membre de l’humanité et porteur en sa Personne divine de l’humanité entière. Il se fait l’hôte de ma vie, mais Il a déjà fait habiter ma propre vie dans sa Personne. Par son Incarnation, par mon propre baptême et immersion en lui, je suis son hôte – et Il se fait mon hôte quand Il vient chez moi. Dans certaines familles chrétiennes, quand on met la table, il y a un couvert pour le Christ, le pauvre ou le riche qui viendra sans qu’on l’attende : « l’assiette du pauvre », l’assiette du Christ qui frappera à la porte.
La Parole présente
Une façon par laquelle le Christ vient dans le petit canton de ma vie c’est par sa parole. Il le fait, du reste, aujourd’hui, à Naïm. Il parle : « Ne pleure pas ! » ; « réveille-toi ! » A nous aussi, Il parle. Il donne le pain « substantiel », « essentiel », le « pain quotidien », dont nous avons besoin : sa parole. Nous ouvrons le saint Évangile à n’importe quelle page, ou bien quand nous le lisons de façon continue, et nous y entendons des paroles nourrissantes: à toi, à moi, à nous, à eux, Jésus donne le pain de sa parole. C’est pourquoi nous lisons, non seulement des yeux, mais de toutes nos oreilles ! Le Christ « s’avance » vers moi comme Il le fait pour cette femme éplorée. La Parole en Personne sort de son silence comme Elle « descendit des cieux », et vient à la rencontre de la personne humaine que je suis, pour me dire les mots dont j’ai besoin pour passer de la mort à la vie.
Le toucher de Dieu
Et, cette Parole en Personne du Père, non seulement se fait proche et audible, mais Elle nous touche. Voyez comme le Dieu Homme agit avec cette femme, son fils et la foule de ses amis ! Il procède par contact : « Il toucha le cercueil ». Nous connaissons ce toucher divino humain. Par le saint Baptême, notre corps et tous nos sens ont été consacrés au Christ et sanctifiés en lui. Bébés que nous étions, ou catéchumènes adultes, nous avons ressenti physiquement le toucher de Dieu. Il s’est incorporé en nous par l’Incarnation, et nous nous sommes incorporés en lui par le Baptême ! Il nous touche quand le livre de son Évangile entre en contact avec nous, posé sur notre tête ou goûté de nos lèvres. Dieu nous touche : touchons-le, nous aussi, par le baiser ou la caresse à l’Icône, à la sainte Croix, la vénération des reliques des membres de son Corps !
La Résurrection
Quand nous prenons une personne dans nos bras, c’est le Christ que nous embrassons. Lisons la vie de saint Julien l’Hospitalier : il donna un baiser au Christ en embrassant un lépreux… Mais nous embrassons, à l’entrée de la Semaine sainte, aux matines pascales, à toute retrouvaille, au baiser liturgique de paix, la chair et la peau de notre Dieu fait chair. Les corps et les visages caressés ou embrassés sans convoitise nous mettent en contact corporel avec le Verbe fait homme. Par le baiser, nous communions à cette chair du Christ tout autant que nous la prenons par nos lèvres dans la sainte communion. Et ce contact corporel avec le Christ, en son icône, en sa croix, dans le corps fraternel, est une consolation : il communique la Vie. Le toucher et la tendresse fraternels accompagnent la divino humaine parole : « Ne pleure pas ! », « ne pleure plus ! » car Je suis la Résurrection et la vie !