La guerre –
En ces temps troublés, nous ne pouvons pas célébrer l’entrée royale du Messie dans Jérusalem sans penser à la guerre qui se répand dangereusement dans le Moyen-Orient. Quand nous entendons les enfants glorifier le Fils de David, nous n’oublions pas les enfants qui n’ont plus de voix parce qu’ils sont morts. Obscurément, nous percevons pourtant que le chant des enfants morts dans un pays ou l’autre de cette région élève lui aussi un silencieux « Hosanna au Fils de David ! ». Les victimes de la guerre sont des martyrs de la paix.
L’émerveillement
Notre conscience, toujours connectée à l’actualité planétaire, récolte les fruits de la sainte Quarantaine. De semaine en semaine, à la suite des grands témoins d’une foi fondée sur l’expérience – Grégoire de Thessalonique, André de Crète, Marie l’Égyptienne, Éphrem le Syrien, Jean Climaque, Lazare et ses sœurs Marthe et Marie – nous avons appris à nous émerveiller de l’amour de Dieu pour l’humanité et tout particulièrement pour son Peuple. Et ce charisme de l’émerveillement va fleurir de façon magnifique pendant la sainte Semaine, inaugurée en ce jour, semaine de la glorification de l’amour divin.
La mort du péché
Nous le sentons au plus profond de nous-mêmes : l’enjeu du saint Carême est d’acquérir le charisme de la gratitude, l’énergie de louer le Seigneur, la grâce de célébrer et d’apporter au Père le parfum d’une offrande délicieuse. Nous apprenons à être agréables à notre Dieu par la mise à mort du péché c’est-à-dire de tout ce qui nous empêche d’aimer Dieu et d’aimer le prochain – le péché : maladie de notre homme intérieur qui le rend incapable de s’émerveiller de la présence du Seigneur en tout et en tous.
Effusion de l’Esprit
La louange qu’adressent en ce jour les enfants à Jésus Messie est le modèle de la nôtre. Nous apprenons d’eux l’art de la célébration. Celle-ci, avant d’être un rite, est un cri spontané, inspiré par la reconnaissance en toute évidence de l’identité du Seigneur Fils. Aujourd’hui a lieu une effusion du saint Esprit, une pentecôte avant la Pentecôte : l’Esprit, descendu sur la jeunesse de Jérusalem, lui a ouvert les yeux pour reconnaître et célébrer le Roi de la paix, de la justice et de la beauté. À leur suite, nous glorifions l’antidote à la barbarie qui règne dans le monde déchu, le remède à la violence et la guérison de toute haine de l’homme.
Les doux
Aujourd’hui, notre Maître accomplit les Béatitudes : « Bienheureux les doux : ils hériteront la terre ! » Le Roi de douceur est le vrai roi de ce monde. Ses disciples sont les sujets du Roi de la paix et les citoyens du Royaume des cieux, manifesté sur la terre par les saints. Aujourd’hui, à l’exemple des enfants de la Ville de la Paix, nous tressaillons de notre dignité de célébrants, de membres du Peuple sacerdotal, de cette part d’Israël qui, pour avoir, par le saint Esprit, reconnu le Messie en Jésus de Nazareth, se tient à l’écart de toute violence, de toute injustice et de toute guerre. Notre vocation n’est pas autre que la sainteté.