La glorification incessante –
Gloire à la divine Ascension du Christ ! Gloire à Dieu ! Dans cet après-fête de la glorification du Fils de Dieu à la droite du Père, nous nous nourrissons plus encore que jamais de la prière de louange. Nous avons vécu pendant quarante jours dans la glorification du Christ ressuscité ; un nouvel élan de louange nous vient maintenant comme aux apôtres et aux disciples : devant son exaltation, ils se prosternent et ils étaient dans une grande joie ; « ils étaient continuellement dans le Temple à glorifier Dieu » (Lc 24, 53). Cette glorification incessante nous dispose au don du saint Esprit. Feu pour feu, « grâce sur grâce », l’Esprit conjuguera sa propre flamme à la ferveur de notre amour et de notre émerveillement pour le Fils.
L’unité trinitaire de l’Eglise
Par l’évangile de ce jour, nous savons que notre louange épouse la gloire que le Père a préparée pour son Fils unique-engendré. « Glorifie-moi de la gloire que J’ai auprès de toi ! », dit celui-ci au Père. Le Fils est doublement glorifié, par ses disciples et par son Père. Il est également glorifié par les anges car, dit le psaume, « Dieu monte au milieu des acclamations » (46, 6). « Glorifié en eux », le Fils reçoit de ses disciples, comme du Père et comme des anges, l’hommage qui lui revient. Tout particulièrement, Il reçoit, de l’ « Assemblée des saints » qu’est son Église, une glorification particulière : l’unité conciliaire ; l’unité à l’image de l’unité trinitaire du Père, du Fils et de l’Esprit. « Il est glorifié dans ses saints » (2 Th 1, 10).
Les Pères du concile de Nicée
La mémoire en ce jour du premier concile œcuménique qui se tint à Nicée en mai et en juin 325 correspond à cet évangile. Partout dans le monde on fête cet anniversaire. Dans l’Église des Pères, plusieurs dimanches sont dédiés à des conciles œcuméniques, parce que la vie conciliaire est la norme de l’Église. C’est le mode divin selon laquelle elle vit son unité, et l’évangile que nous venons d’entendre nous le dit : l’unité du Père, du Fils et de l’Esprit est le modèle de toute unité sur terre et dans les cieux. Nous célébrons en ce jour l’unité trinitaire de l’Église, l’unité et l’unicité que nous confessons dans le Symbole de la foi.
La prière du Fils
Toutes les formes que prend l’unité de l’Église – Église souveraine, diocèse, paroisse, monastère, famille – s’enracinent dans le dialogue et la communion que nourrit continuellement le Fils à l’égard du Père. Chaque fois que cette unité est menacée, par nos péchés et nos passions, c’est la substance divine de l’Église qui est en cause. Le Christ, invisiblement présent dans l’Église et dans le monde par le saint Esprit, habite le ciel où Il trône avec le Père et l’Esprit. Et l’évangile de ce jour nous transmet de façon miraculeuse le contenu du dialogue intime des Personnes divines. C’est de nous qu’Elles s’entretiennent. La Divinité tripersonnelle assume le souci des personnes créées, qu’Elle aime voir communier à sa propre unité. L’évangile que nous venons d’entendre est cohérent avec l’Ascension que nous célébrons. Il nous informe sur l’activité du Fils glorifié : établi dans son invisible présence, celui-ci n’a pas abandonné les hommes. Il en assume le souci jusqu’à son retour glorieux au terme de l’Histoire : « de nouveau, Il vient avec gloire, juger les vivants et les morts et son règne n’aura pas de fin ! ».
L’offrande agréable au Père
Réjouissons-nous de savoir que le Fils de Dieu, exalté à la droite du Père, se souvient de nous ; qu’Il prie pour nous ; qu’Il est notre Grand-prêtre : Intercesseur permanent pour les membres de son Corps, Célébrant incessant de son propre sacrifice non sanglant ; Tête et Chef de son Église, Président de toute célébration des saints mystères, Il est celui qui apporte sans interruption l’offrande agréable au Père : nos joies et nos peines, et surtout le projet de notre participation éternelle à la vie divine, de notre communion sans fin au banquet préparé par le Père, le Fils et le saint Esprit !