« Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi »         « Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit »      « Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi »         « Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit »   

Encenser : pour quoi faire ?

Saint Nicolas Cabasilas

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Le parfum –

L’offrande de l’encens ou d’un autre parfum est universelle. On parfume une personne, un lieu ou un objet, ou soi-même, avec de l’huile odorante. Ainsi, à la fin d’un office, les fidèles viennent vénérer la sainte Croix, l’icône ou les reliques d’un saint et sont oints au signe de la Croix. Le parfum persistera un temps et entretiendra le souvenir de la grâce : l’odorat est un sens particulièrement associé à la mémoire. Le parfum est offert sous la forme d’une fumée qui s’élève devant la personne à laquelle on rend hommage, le vivant ou le défunt. Faire brûler la résine, l’oliban, qu’est l’encens, est une pratique universelle ; elle est citée dans les livres de la Bible, par exemple dans le psaume de vêpres (Ps 140). On parfume ainsi les personnes et les objets du culte, par exemple les vêtements liturgiques, notamment ceux qui recouvrent les offrandes. Mais, dans le saint Evangile, c’est avec l’huile, « le nard de grand prix », répandu sur les pieds du Christ que sainte Marie-Madeleine rend hommage à sa seigneurie et annonce sa passion (Mt 26).

La présence

La prière chrétienne est presque toujours accompagnée d’une offrande de parfum. A la maison, à l’église, en quelque lieu où l’on prie, la fumée parfumée s’élève devant la présence du Seigneur : pour les purifier en attestant la présence de l’Hôte divin, elle est souvent portée dans toutes les pièces par la maîtresse de maison. Cette offrande accompagne celle de la lumière. L’encensement suit en effet le regard : il est adressé à quelqu’un. Sa fonction essentielle est d’attester une présence invisible, celle du Seigneur Dieu, ou celle d’un saint. Pour tout office, le chrétien offre l’encens et la lumière.

Le saint Evangile

Les encensements liturgiques s’adressent aux saints dont les images sont peintes ou suspendues aux murs de l’église. Le prêtre ou le diacre forme un cercle par l’encensement autour de l’assemblée qui se tourne avec lui vers les saints. Il souligne ainsi la forme sainte de l’architecture de l’église et la sainteté du Peuple. A la fin, il encense les fidèles eux-mêmes ainsi que les icônes du Christ et de la Mère de Dieu. Il est caractéristique que l’on commence généralement par encenser le saint Evangile, Icône par excellence de la présence du Verbe, le Christ Jésus, qui trône dans le sanctuaire, sur un ambon ou dans le sanctuaire domestique.

Les saints fidèles

L’encens offert aux fidèles rend hommage à leur multiple dignité. D’une part, en tant qu’êtres humains, ils sont créés « à l’image et à la ressemblance de Dieu » (Gn 1 et 2). Deuxièmement, par l’Incarnation, le Verbe divin est présent en chacun d’eux, et c’est lui que l’on honore ainsi. Troisièmement, les fidèles ont reçu l’Onction royale après le saint Baptême : l’encens reconnaît en eux le peuple de roi et de prophètes que le Seigneur s’est acquis après sa résurrection corporelle par la Descente de l’Esprit du Père. Enfin, l’encens reconnaît dans les baptisés ceux qui communient au Corps très pur et au sang très précieux du Dieu-Homme et qui sont ainsi sanctifiés et divinisés, comme le rappelle saint Nicolas Cabasilas.

L’offrande agréable

Il reste une dimension importante de l’encensement : c’est l’élévation de la prière des hommes et des anges devant la face du Créateur, offrande d’agréable odeur. Qu’on encense les parois du temple, les images des saints, les fidèles eux-mêmes saints, c’est au Père céleste que s’adresse toujours l’hommage de notre prière : le Fils lui-même que l’on encense s’offre au Père en oblation suprême, non sanglante et parfumée ; les saints s’offrent en encens de bonne odeur, celle de leur amour. L’encens qui brûle dans l’encensoir ou la cassolette forme une nuée, semblable à celle qui conduisait le Peuple dans le désert : ce nuage odorant est le signe de l’Esprit dont il n’existe pas d’icône, et qui est comme l’haleine commune de Dieu et des personnes humaines.

Je retiens : l’encens atteste la commune respiration

(a.p. Marc-Antoine – 24/10/2026)
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