« Le Christ est ressuscité !     En vérité, Il est ressuscité !»

Évangile du Triode : dimanche du Pardon: Matthieu 6, 14-21.

cananeenne

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La ferveur –

Nous entrons aujourd’hui dans le saint et grand Carême, habités par une grande ferveur. Dans cette période de l’année nous mettons tout notre espoir de changement, de renouveau, de jouvence, pour ainsi dire, de toute notre vie. Cette grande attente vient de ce que nous comptons beaucoup sur la grâce qui est donnée par le Christ Sauveur à son peuple, celle de le suivre, de marcher sur ses pas, de nous mettre vraiment à son école.

L’enseignement du Maître

Or, le premier enseignement du Maître est le pardon. Par l’expérience du pardon, le Sauveur Jésus Christ, Dieu fait homme, se fait connaître de nous. Il se révèle comme le Dieu de miséricorde et chaque fois que nous jouissons pour nous-mêmes de sa miséricorde en étant pardonnés par lui, en étant pardonnés par les autres ou en leur pardonnant, c’est de lui que nous avons connaissance. Nous le connaissons par expérience, par l’expérience de la miséricorde. C’est pourquoi le grand Carême est si bon : nous y sommes invités au banquet de la miséricorde divine ! Nous sommes attendus à partager une grande joie. Voilà pourquoi le Messie nous enjoint de nous parfumer.

La puanteur du péché

Quand nous nous rendons à une fête de famille ou préparée par nos amis, nous mettons nos beaux vêtements et, hommes et femmes, nous nous  lavons et nous parfumons. C’est le signe de notre joie et de notre impatience à nous réjouir, façon également d’être agréables aux autres. La mauvaise odeur trahit la saleté et la corruption. Nos péchés, nos passions, notre égoïsme, notre manque de foi et de connaissance de Dieu répandent une senteur nauséabonde. Le remugle de notre personne tient au fait qu’elle est enfermée sur elle-même ou exposée au mauvais air des influences perverses. Les pécheurs sentent mauvais ; les saints fleurent bon, même après leur mort !

L’odeur de sainteté

Les disciples du Christ vont à la fête, ils courent vers la lumière pascale pour s’en emparer comme d’un trésor ; ils se pressent pour être oints de la miséricorde sans limite que le Seigneur administre à ceux qui mettent leur foi en lui. Le pardon est une grâce exceptionnelle, une chaleur, une énergie, un parfum, un souffle divins. Il envahit et vivifie notre personne si nous voulons bien le humer quand le Seigneur Lui-même l’exhale. Au Paradis, souvenons-nous-en : le Seigneur exhala le souffle de sa miséricorde et de la connaissance de lui-même dans le visage de la première humanité. Depuis lors, tout homme a la mémoire olfactive du parfum paradisiaque, car l’haleine divine est parfumée, comme le chante le Cantique des cantiques.

Le trésor du pardon

En ce jour, comprenons que le charisme et l’effluve du pardon sont le vrai trésor que nous nous « amassons dans le ciel ». Celui et celle qui, en ce dimanche du pardon et tous les jours du saint Carême, s’exerce à respirer du souffle divin en pardonnant et en demandant pardon, commence également à ressusciter. Le grand souffle de Vie, l’Esprit et Personne du Souffle divin issu du Père, a fait éclater les geôles de la mort quand le Verbe, choisissant pour cela la sainte et vivifiante croix, a pardonné à ceux qui le trahissaient, qui le faisaient condamner et qui le livraient au supplice. Pardonner, c’est respirer du souffle du Verbe incarné, c’est remplir ses poumons, au lieu des miasmes du péché, des effluves de l’Esprit et du nard de la Résurrection. Entrons sur la voie du Carême ; entrons en connexion avec l’Esprit du Père dont respire le Fils. Pour couronner la Pâque du Fils, viendra la descente vertigineuse et suave de son Esprit, esprit de miséricorde, esprit de connaissance de Dieu et de totale intelligence …

(a.p. Marc-Antoine, Radio Notre-Dame, « Lumières de l’Orthodoxie », dimanche 6 mars 2022)
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