La mort vivifiée –
Providentiellement, l’Exaltation de la sainte et vivifiante Croix se rencontre cette année avec le dimanche, jour de la Résurrection. Il nous est ainsi rappelé – si nous l’avions oublié ! – que la Croix est principalement l’emblème de la vie, non biologique seulement, mais surtout éternelle. Elle est, non seulement le signe, mais la puissance de la Vie par rapport à la mort. Elle fait de celle-ci, de l’impasse qu’elle était, une porte ouverte, une connexion avec le Seigneur.
En effet, le Verbe divin et Fils du Père a sanctifié la nature humaine quand Il se fit homme ; Il a sanctifié l’air par sa parole, l’eau par son immersion, la terre par son ensevelissement et le feu par la chaleur et la lumière de son Esprit. Et Il a sanctifié la mort quand Il l’a traversée, l’a assumée et a fait d’elle le rendez-vous de son amour.
La communion par la Croix
Le calendrier liturgique transfigure le temps chronologique et en fait l’histoire sainte du salut des hommes. Par le saint Esprit, il est organisé dans une magnifique pédagogie. Il est ponctué par la Croix, en semaine, le mercredi et le vendredi ; pendant l’année, par la procession de la Croix, début août ; par l’exaltation de celle-ci le 14 septembre, et sa transfiguration à Pâques. C’est alors que la Croix resplendit comme Croix de lumière et de vie. Dans l’évangile de ce jour, nous la contemplons, nous la vénérons avec notre corps et par les hymnes prévues.
Mais nous voyons en elle le grand mystère de la communion fraternelle et aimante. En effet, de part et d’autre du Seigneur de douleur et de gloire, se trouvent les deux grands innocents : la Mère de Dieu et saint Jean le Théologien. La Croix, ou plutôt le Crucifié, réunit tous ceux qui l’aiment, tous ceux qui répondent à son merveilleux amour.
L’emblème de la paternité
En cette reprise de la vie liturgique, scolaire et civile, nous comprenons bien le message que le saint Esprit nous adresse. Il nous invite à nous approcher du Messie Sauveur le plus possible ; à adhérer à lui par notre présence corporelle, par notre écoute de sa parole, et par la prise au sérieux de ce qu’Il dit. Et que nous dit-Il par le saint Esprit – car le Verbe nous parle par l’Esprit – ? Il nous dit d’avoir les uns pour les autres un amour maternel et un amour filial. L’Église du Sauveur universel n’est pas seulement une fraternité – ce qu’elle est, et de façon merveilleuse ! Elle est une paternité : en elle, se manifeste la paternité du Père, notamment quand nous avons les uns pour les autres un amour sacrificiel, une compassion, une bienveillance, une prévenance, une patience et une tendresse dignes de celles que le Père céleste répand par son Esprit et atteste par son Fils. La Croix est le signe de l’amour paternel et maternel de Dieu autant que de son amour filial. « Voici ta mère ! Voici ton fils ! » Approprions-nous ces paroles, quelle que soit notre place ou notre charisme dans le Corps ecclésial : et nos paroisses, nos familles, nos monastères seront remplis du parfum et de la vie qui, du Golgotha, s’écoule comme du sang et de l’eau vivificateurs…