Qu’est-ce que le repentir ? –
Le repentir n’est pas de la capacité de l’être humain. Ce n’est pas psychologique. Ce n’est pas moral. Cela ne naît pas d’une réflexion ou d’une décision volontaire. Le repentir est une grâce, un charisme. C’est l’horreur que Dieu éprouva devant le péché des hommes à l’époque de Noé ; c’est la souffrance qu’Il vécut sur la Croix: le Seigneur déteste ce qui sépare les hommes de lui et les prive de son amour. De même, pour nous, c’est l’horreur et la haine du péché que nous avons commis et qui nous sépare de Dieu. Le repentir est le deuil d’une âme qui s’est mise à mort par ses propres fautes. Souvent nous avons la conscience d’avoir mis de la distance entre Dieu et nous par le mal que nous avons pensé, dit ou fait : mais ce n’est pas le repentir, nous n’avons pas de larmes, cela ne nous empêche pas de dormir, nous n’éprouvons pas cette divine haine du péché qui est le repentir. Et, comme nous n’avons pas de repentir, rien ne change dans notre vie : nous confesserons jusqu’à la fin les mêmes fautes !
Que faire ?
Nous pouvons demander cette grâce au Seigneur : c’est ce que nous faisons pendant le grand Carême: « Accorde-moi la grâce du repentir ! ».
Nous pouvons également glorifier le Seigneur pour la grâce qui nous manque. Par exemple, pour nous repentir de tel ou tel péché : Gloire à ta divine chasteté, Seigneur Jésus, gloire à toi! L’émerveillement devant la vertu divine fera naître en nous, par contraste, le repentir et le regret douloureux de la grâce que nous avons librement perdue.
Nous pouvons encore dire la prière de Jésus et nommer notre péché à la fin, par exemple: Seigneur Jésus Christ Fils de Dieu, fais miséricorde au pécheur et au menteur que je suis!
Nous pouvons demander à la Mère de Dieu la grâce du repentir : elle est tellement pure, elle s’est tellement gardée librement de tout péché, que, à proximité d’elle, nous ne pouvons éprouver que du dégoût et de la honte pour ce que nous avons fait…
Pensons combien le Seigneur nous aime et le deuil percera notre cœur…
Nous pouvons en tout cela jeûner jusqu’à ce que nous sentions de façon palpable la grâce que le Christ nous aura donnée par son saint Esprit. L’expérience chrétienne n’est pas un moralisme : elle est l’expérience du Christ et du saint Esprit par la grâce !
Surtout: avouons nos péchés devant témoin (le prêtre) sans jamais nous justifier. Demandons au Seigneur de nous rappeler l’horreur et la honte de nos péchés ainsi que sa grande miséricorde ! Par le repentir, la personne peut retrouver la virginité perdue…
Nos péchés ne sont-ils pas pardonnés ?
Nos péchés sont pardonnés au baptême et dans l’absolution. Mais le repentir est indispensable pour que la grâce du pardon puisse être reçue par notre cœur : que me fait le pardon du Christ si je ne déteste pas mon péché du fond du cœur ? La grâce du pardon descend, suivant le degré de son repentir, dans le cœur qui regrette ses fautes sincèrement. Il y a des degrés dans le regret : quelquefois une conscience assez superficielle du mal que tu as fait ; quelquefois, si Dieu te donne cette grâce, un repentir intense et douloureux avec des larmes.
Dans le monde qui vient, il y a des places variées, du pécheur endurci jusqu’au pécheur repenti comme sainte Marie l Égyptienne. Les saints Peres enseignent de se souvenir de ses péchés afin de les détester et de cultiver la gratitude à l’égard de celui qui nous a pardonné, pour ne plus jamais les commettre. Nous aurons ainsi franchi dans notre vie une nouvelle frontière !
(a.p. Marc-Antoine – 24/08/2025)