L’Ascension –
L’évangile que nous venons d’entendre se situe exactement dans la continuité du mystère de l’Ascension que nous venons de célébrer. Le Christ, comme le rapportent les Actes des Apôtres et l’Évangile selon saint Marc et saint Luc, tandis qu’Il bénit ses apôtres et disciples, se sépare d’eux, est « enlevé au ciel » et siège à la droite du Père. L’événement appelé ascension est une exaltation et une glorification. Le Christ ne s’absente pas et n’abandonne pas les croyants. Il entre dans la place qui est la sienne.
Les baptisés
Nous aussi, nous sommes situés à notre place exacte. Nous jouissons de la bénédiction de notre Maître ; nous le glorifions ; nous suivons ses préceptes en particulier celui de témoigner de lui ; nous attendons de lui le don du saint Esprit pour avoir la grâce de mettre en pratique son enseignement et son exemple. Nous vivons avec la conscience de sa présence invisible. Nous vivons sous son regard, que les saintes images – fresques, mosaïque, icônes – nous montrent continuellement. Les symboles et signes liturgiques nous indiquent son activité bienveillante. C’est lui qui bénit, c’est lui qui parle. On peut dire qu’Il transparaît sans cesse dans la vie sacramentelle – ou que celle-ci est la transparence incessante à sa présence.
Le Pontife
Le mystère de l’Ascension nous révèle exactement notre position de croyants. Et l’évangile de ce jour nous révèle exactement à quelle activité se livre le Verbe et Messie, corporellement et invisiblement présent parmi nous. Cette activité du Seigneur Christ est l’activité sacerdotale. Le Christ en présence de qui nous passons notre vie, sous le regard de qui nous vivons, est le Christ priant, le Christ célébrant, le Christ pontife. Sans cesse, Il s’adresse au Père à notre sujet, comme le révèle le chapitre 17 de Saint-Jean que nous venons d’entendre.
Donateur de l’Esprit
Tel est le mystère de l’Église et sa grandeur : l’assemblée des saints, c’est-à-dire des baptisés et de leurs chefs sacramentels, à la fois sous le regard du Christ Tête qui regarde son propre Corps, et réunis autour de lui et avec lui. Le Christ est au-dessus de nous, comme dans l’icône de l’Ascension, et il est au milieu de nous, ou parmi nous, selon les paroles évangéliques et liturgiques. Et c’est sur cette assemblée dont le Christ est le Chef, c’est-à-dire la Tête, que descend l’Esprit. C’est pourquoi, en tant qu’Église, nous sommes continuellement à demander au Christ de nous donner l’Esprit du Père. C’est le mode de fonctionnement de l’Église.
L’Église conciliaire
Incroyable est cette activité divine ! Elle a lieu à notre insu. Elle est un dialogue secret du Père et de du Fils à notre sujet. Elle est une effusion souvent perceptible et bouleversante, il est vrai, mais quelque fois à peine sensible tellement est légère : l’effusion de l’Esprit du Père à la prière du Fils. Invisiblement, continuellement, le Fils glorifie le Père dont Il est lui-même la gloire et lui demande pour nous l’Esprit. Cette réalité de l’Église se réfracte dans la célébration liturgique. Elle se voit dans la structure conciliaire qu’a toujours eu le Corps du Christ et qui s’est régulièrement manifestée par la réunion des évêques. C’est ce mystère de l’Église en lequel nous croyons et que nous célébrons aujourd’hui.