“Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi”         “Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit”      “Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi”         “Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit”   

Comment pardonner quand la rancœur est trop forte ?

CHRIST 2006-2

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L’enseignement biblique du Verbe –

Le pardon est une démarche typiquement biblique. On demande pardon à Dieu et celui-ci se révèle comme un dieu qui pardonne, qui fait miséricorde. Avant même de se faire homme, le Verbe du Père enseigne le pardon. Il demande aux membres de son peuple, non seulement d’attendre son pardon, mais de pardonner eux-mêmes : « N’aies pas dans ton cœur de haine pour ton frère… Ne te venge pas, ne garde pas rancune envers les enfants de ton peuple… aime ton prochain comme toi-même » (Lévitique 19, 17-18). Et, une fois fait chair, ce même Verbe, non seulement enseigne continuellement la remise des dettes et le pardon, mais Il en donne l’exemple sur la Croix même.

Vouloir de ce que Dieu veut

Pardonner est donc un précepte divin, lié au fait que nous faisons partie du peuple de Dieu par la foi et par le saint Baptême. C’est un signe d’appartenance à la communauté biblique et au Corps même du Verbe incarné. Dire que c’est une obligation serait en faire une règle extérieure. C’est plutôt un appel, une injonction bonne et pressante, à laquelle nous pouvons répondre librement. Et, comme pour d’autres préceptes, accomplir le commandement divin, une fois que nous l’avons entendu, demande la grâce. Dieu lui-même vient en aide à celui qui veut faire sa volonté : à partir du moment où le disciple veut ce que son Maître veut, celui-ci lui donne la grâce et la force de le faire.

L’enfer de la séparation

Si la rancune a pris possession de notre cœur, il ne nous est pas possible de pardonner, même si nous entendons que c’est la volonté de Dieu ; même si nous comprenons que c’est pour notre bien et pour celui de notre frère ou de notre prochain, et pour le bien et le salut du monde. Ce n’est pas une question d’obligation ; c’est une question de cohérence : si nous ne pardonnons pas, nous nous privons nous-mêmes de la communion avec notre Maître, le Dieu de miséricorde. Lui-même nous le dit : avant d’apporter ton offrande, pardonne et demande pardon (cf. Matthieu 5, 24). L’état de rancune est un état de séparation, état infernal bien connu des démons.

La lutte intérieure

Nous pouvons déjà, dans un premier temps, confesser notre rancune : demander pardon de ne pas pardonner, alors que nous le voudrions. Nous pouvons également confesser quelquefois que nous ne voulons pas pardonner ! Il en va en effet de notre volonté. Notre confesseur intercédera pour que Dieu nous pardonne notre rancune et notre incapacité à faire sa volonté ! Mais ce n’est pas tout. Si, sincèrement, nous voulons accomplir le précepte divin, il nous appartient de mener une certaine lutte intérieure. Pensons à l’indispensable jeûne : par-là, nous exprimons notre détermination à faire la volonté de Dieu. Il s’accompagnera de la prière : Accorde-moi la grâce de pardonner à ton serviteur Untel ! Et, comme toujours, nous prierons sans pensée réflexive et sans images.

Soigner la maladie par son contraire

Une autre méthode peut nous aider également : elle consiste à remplacer les sentiments de rancœur par des sentiments de bénédiction. Quelqu’un à qui tu en veux est un ennemi : tu penses qu’il te veut du mal, et tu lui en veux. Que dit le Verbe fait homme ? Aime ton ennemi, fais du bien à celui qui te nuit ; bénis et ne maudis pas. Si nous faisons ce que le Maître nous dit, nous serons bien vite délivrés : Bénis, protège et sauve ton serviteur Untel ! Gloire à toi pour ton serviteur Untel, Seigneur Jésus, gloire à toi ! Comme pour les maladies du corps, cette maladie de l’âme qu’est la rancune se soigne par le remède opposé. La victoire est dans le remplacement du mal par un bien.

L’émerveillement devant le Seigneur

Ce qui nous aide beaucoup enfin pour triompher de la mort, puisque le péché est la mort, c’est de glorifier les vertus de notre Maître et Seigneur, en l’occurrence : Gloire à ta divine miséricorde, Seigneur Jésus, gloire à toi ! Si nous nous laissons gagner par l’émerveillement pour la bonté de notre Maître, celle-ci nous sera progressivement communiquée ; nous y communierons ; elle gagnera notre cœur ; nous y prendrons goût et nous la préfèrerons à l’amertume du péché de rancune.

(a.p. Marc-Antoine – 13/12/2025)