La guerre –
Dieu a voulu être humainement conçu, porté pendant neuf mois et mis au monde dans une des régions les plus torturées de la planète, celle qui souffre peut-être le plus des conflits et où, aujourd’hui, se déchaîne une violence inouïe. Le Moyen-Orient est le pays de la Croix et le Golgotha son centre. Les peuples s’y affrontent en caricature des passages les plus cruels de la Bible. « Pourquoi les nations se sont-elles rebellées ? Pourquoi les peuples ont-ils médité de vains complots ? Les rois de la terre se sont dressés… contre le Seigneur et contre son Christ », chante le psalmiste. Et le centre de ce monde qui s’auto détruit est la Cité de la Paix ! – la ville de la Descente fulgurante de l’Esprit en tous ses dons…
L’Agneau
Il est d’actualité, en ce Carême 2026, d’apprendre pendant quarante jours à nous incliner devant le Roi de la Paix. Qui est-Il, ce Roi de gloire ? – ce « Roi d’Israël », ce « fils de David » que la jeunesse de Jérusalem accueille avec des palmes de fête à son entrée dans la Ville de la Paix ? Déchiffrer les signes des temps est l’apanage des prophètes. La géopolitique nous concerne. Dans le jeûne et la prière, il nous est donné de lire à livre ouvert, de façon paradoxale, la gloire du Fils de Dieu et Fils de l’Homme, « le Seigneur Dieu, Roi des nations » (Apocalypse 15, 3). Nous contemplons la gloire de l’Agneau qui est « le roi des rois » (Apocalypse 17, 14), cet Agneau immolé en Prince de la paix.
La paix du Messie
Le Royaume de l’Agneau n’est pas de ce monde et nous le voyons bien. Mais il est proposé à ce monde de façon sacramentelle comme la façon de vivre à laquelle chacun, du plus profond de son être, aspire. Il est le mystère de ce monde. Par sa négation même dans les guerres fratricides qui nous secouent, il est manifesté. Comme dit le dicton, « il brille par son absence » ! La chrétienté n’a pas toujours su rester cohérente avec ce mystère. Nous n’avons pas su faire aimer l’Évangile au monde par notre propre mise en pratique. Nous ne sommes pas innocents du désastre. Les saints et les martyrs, et pas seulement les moines, ont pourtant régulièrement rappelé que le message évangélique n’admet aucune compromission avec l’esprit de pouvoir. Et ils ont rappelé les Béatitudes : « Bienheureux les artisans de paix ! »
Le programme
L’évangile de Jésus-Christ contient le programme intégral de la civilisation de non-violence, de limitation de soi, d’amour sacrificiel pour autrui, de construction d’une Cité de la paix, le nom du monde nouveau. Le Messie Jésus choisit d’assumer jusqu’au bout la violence qui lui est faite et d’y répondre par sa bénédiction : « Paix à tous ! », « non comme le monde la donne, Je vous donne ma paix… » La Paix ne se négocie pas : elle est un absolu que démontre la vie. Elle se donne. La parole du Roi de la paix est reconnue comme une évidence éclatante, y compris dans sa faillite apparente sur la croix et dans l’actualité. L’amour et la paix rayonnent de la Croix.
La prière pour le monde
La place des baptisés dans l’actualité est celle où trône leur Maître et Seigneur. C’est Gethsémani ; c’est le Golgotha ; c’est la Croix d’où s’élève la grande prière d’intercession pour les bourreaux de ce monde : « Pardonne-leur ! » Chacun peut choisir de monter sur la croix par la prière pour le monde, une prière pleine de la « bienveillance divine parmi les hommes » et de la « paix sur la terre ». Le deuil pour le monde ; le repentir pour le monde, quand tu ne te sens pas innocent ; l’amour pour les hommes inspiré par le Christ, font s’élever chaque jour dans bien des cœurs, l’encens d’une prière agréable au Père.
Reconnaître notre Roi
C’est, très simplement, la vie quotidienne des disciples du Roi de la paix : ils pacifient leur cœur par le jeûne et l’abstinence, l’auto limitation, l’abnégation divine. Ils se montrent les sujets de l’Agneau égorgé et Roi (Apocalypse 5, 6). Ils font régner la paix et l’amour autour d’eux de toutes les façons possibles. Ils contemplent, dans les images de l’actualité, en transparence, celle, resplendissante, de l’amour crucifié : la gloire du Roi de la paix, invulnérable, invincible, immortel en lui-même. De ce Roi du monde, le message demeure irréfutable : le Livre est le puits toujours ouvert pour qui veut y puiser et y reconnaître le Roi des nations. En pleine guerre, nous allons célébrer la Paix.
Je retiens : le Christ donne sans cesse sa paix
(a.p. Marc-Antoine – 15/03/2026)