Méthode –
La lecture du Psautier, lecture recto tono à voix haute pour l’édification des frères et de soi-même, lecture en tout cas à mi-voix de façon à entendre et à écouter la Parole, suit une organisation très simple. Dans la tradition byzantine, ce livre est divisé en chapitres, appelés « cathismes » (ce que l’on écoute « assis ») ; ces divisions sont elles-mêmes articulées en stances de deux ou trois psaumes.
Antiphone
Ce système ne correspond pas à une thématique. Il permet seulement une forme de respiration et, en tout cas, une lecture alternée : chaque cathisme, et chaque stance, peut être assumé successivement par un lecteur différent, lorsqu’on se trouve réuni à quelques uns. Et cela permet l’alternance entre la prononciation et l’écoute, ce qui est une des bases de la prière liturgique. Celle-ci, par sa structure « antiphonée », autre mot pour alternance, a toujours la forme du dialogue. Du reste, quand nous sommes deux ou trois réunis en son Nom, le Christ est au milieu de nous (Mt 18, 20) !
Louange
Ces petits chapitres ne sont pas juxtaposés. Ils ne sont pas seulement séparés par une pause. Ils ne sont pas seulement agrémentés par un changement dans la voix du lecteur. Ils sont articulés par une formule stable. A la fin de chaque stance – un ou trois psaumes, suivant la longueur – le lecteur dit : « Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles ! » ; « Alléluia », trois fois ; « Kyrie eleison » ou « Seigneur, miséricorde ! », trois fois. Puis, à nouveau « Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit… », lui, ou un autre lecteur, reprend la lecture de la stance suivante.
Il nous parle
Ceci n’est pas très contraignant et c’est profitable. D’une part, cela opère une pause dans la lecture ; d’autre part, cela permet d’écouter le son d’une autre voix ; mais surtout, cela correspond à une expérience de la grâce. Nous lisons les psaumes pour apprendre à nous adresser au Seigneur Dieu ; mais nous lisons également pour entendre ce que le Seigneur a à nous dire. La Parole nous parle. Un des apprentissages les plus importants pour un chrétien consiste dans le dialogue avec le Père : nous lui disons nos peines et nos joies ; et Il enseigne à chacun de nous ce qui lui est utile. La psalmodie est ainsi une communication avec Dieu.
Gratitude
Dans cette petite interruption, notre oreille intérieure se repose un moment avant de se concentrer à nouveau sur l’enseignement et les conseils qu’elle va recevoir de son Seigneur : « Parle, Seigneur ! Ton serviteur écoute ! », dit l’enfant Samuel (1 Sa 3, 9). De plus, nous nous disposons à ce moment à la grâce divine. Quand nous prononçons « Gloire … ! », nous remercions le Seigneur de ce qu’Il vient de nous révéler et nous nous émerveillons de sa bonté. Il en est de même quand nous disons trois fois « Alléluia ! », qui se traduit « Gloire à Dieu ! » Nous exprimons donc ainsi la gratitude du disciple à l’égard du maître et la volonté d’être édifié par lui grâce à son Esprit.
Epiclèse
C’est pourquoi, nous formulons par « Kyrie eleison ! », une petite épiclèse, une invocation du saint Esprit sans lequel les messages du Verbe seront inaccessibles. Après avoir ainsi supplié le Paraclet, nous disons à nouveau « Gloire… », parce que nous nous réjouissons à l’avance, avec espérance et foi, de tout ce que le Père céleste va nous dire par son Fils et Verbe dans son Esprit. Dans la nouvelle stance, il nous est préparé chaque fois une, deux ou plusieurs révélations bien utiles pour notre salut. Nous avons reçu, et nous demandons encore et encore !
Prière du cœur
Il est agréable de savoir que cette façon de répartir la lecture des psaumes se retrouve dans l’office de la Prière du cœur. Après avoir, par exemple, prononcé cent fois la prière « Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur ! », ou « fais-nous miséricorde », si elle est dite par plusieurs, on insère la même formule « Gloire… Alleluia… Kyrie… Gloire… » qu’entre les stances du Psautier. L’expérience est analogue : la gratitude pour les dons reçus du Seigneur ; l’invocation du saint Esprit pour en recevoir d’autres, et la louange pour les bienfaits préparés pour nous dans la suite de la prière !
Note : « notre espérance, Seigneur, gloire à toi ! » a sa place, non à la fin d’une stance après le triple Alleluia, mais à la suite du psaume initial d’un office, par exemple le 104 à vêpres.