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Doit-on se confesser en temps pascal ?

 

Nos péchés sont absous –La croix Louveciennes

Le sacrement de la confession est lié au mystère pascal et à la préparation à la communion pascale ; il n’est donc plus de saison quand l’on chante et l’on dit : « le Christ est ressuscité ! ». Allons de l’avant… Pendant la Semaine radieuse, l’abstinence n’avait plus lieu ; jusqu’à la Pentecôte, nous ne nous prosternons pas ; la position debout signifie la gloire de la Résurrection. Dans la Pâque nos péchés ont été lavés par le Christ qui les a tous pris sur lui ; nous avons tourné le dos à notre vie ancienne. Les nouveaux baptisés, et ceux dont le baptême a été renouvelé, ne sont pas, au moins jusqu’au dimanche de Thomas, invités à confesser leurs péchés : ils l’ont déjà fait ! Nous ne disons plus : « Roi céleste…purifie-nous de toute souillure… » Le deuil et la tristesse ne sont plus de mise, au moins pendant cette quarantaine – le repentir sera d’actualité pendant tout le temps après la Pentecôte, qui est la période liturgique la plus longue de l’année.

L’ascèse de la joie

Le temps de Pentecôte (période du Pentecostaire) est de cinquante jours : une quarantaine pascale jusqu’à l’Ascension et encore dix jours jusqu’à recevoir, dans les vêpres de la glorieuse Descente de l’Esprit, la grâce de nous agenouiller devant Dieu et de l’implorer à nouveau pour nos péchés. Pendant tout ce temps, qu’on pourrait appeler le Carême de la joie, nous n’avons pas d’autre ascèse que de demeurer dans la glorification pascale : « Gloire à ta sainte résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi ! » C’est l’ascèse de la joie : Gardons-nous du péché de tristesse ! Focalisons toute notre attention sur le visage du Ressuscité.

Le but de l’Incarnation

En venant dans le monde et en se faisant homme, le Fils de Dieu a voulu que les hommes aient sa joie, et qu’ils l’aient en plénitude (Jn 17, 13) : la joie prophétique de glorifier le Père dans l’Esprit. Et ceci est accompli : dans sa Pâque, Jésus Christ communique cette joie en la faisant jaillir du tombeau. Il la donne comme lumière, comme ferveur, comme amour fraternel, comme exultation, comme extériorisation et témoignage dans le monde. Sa joie brille sur la face pardonnée de ceux qui communient à son corps et à son sang ressuscités.

Le jugement de la joie

Or cette joie est rétribution : pour les justes et les pénitents, elle est leur gratification ; pour les pécheurs endurcis, leur tourment, car ils contestent sans cesse l’amour de Dieu au nom de leurs péchés, de leurs souffrances ou de celles du monde. Soit, par orgueil, ils pensent ne pas avoir de péché ni donc besoin de repentir ; soit, par fausse humilité, leur péché est pour eux plus important que la miséricorde de Dieu. Ce « péché contre l’Esprit » – incapacité d’accueillir la joie pascale – leur fermerait la porte du Royaume.