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Sans lien avec un évêque, que vaut l’activité sacramentelle du prêtre ?

L’envoyé de l’Évêqueprêtres diacre sous-diacre Louveciennes

Le Prêtre n’existe pas en lui-même; il fait partie d’un “presbytérium”, ou collège de prêtres; ce presbytérium est celui d’un évêque, comme l’a expliqué saint Ignace d’Antioche. De plus, le Prêtre est ordonné par l’Évêque; il est de la sorte le prêtre de tel ou tel évêque qui lui a transmis la grâce apostolique; ou le prêtre de tel évêque successeur du premier, ou titulaire d’un diocèse dans lequel ce prêtre a pu être transféré. Cette grâce ne demeure agissante que dans la mesure où le prêtre d’une paroisse par exemple demeure connecté à la source épiscopale du ministère qu’il exerce. Le Prêtre n’agit pas en son nom propre: il agit au nom de l’évêque qui l’envoie. C’est ce qu’indique la présence sur l’autel paroissial de l’ “antimis” ou “corporal” signé par l’évêque diocésain.

Le saint chrême

C’est également ce que prouve le fait que le Prêtre reçoit de l’Évêque le saint chrême. S’il n’a plus d’évêque, ou s’il est séparé d’un évêque par des circonstances même compréhensibles (guerre, déportation, emprisonnement, exécution des évêques…), il ne reçoit plus le saint chrême qui lui sert à oindre les nouveaux baptisés et, par conséquent, son activité cesse d’elle-même, ou bien elle est suspendue jusqu’à la venue d’un nouvel évêque qui accordera à nouveau le saint chrême. La question que l’on doit pouvoir poser à tout prêtre, notamment dans des pays comme la France actuelle, est: “qui est ton évêque?” Et l’évêque lui-même doit être connecté à la source apostolique de son épiscopat: le collège des évêques ou “synode”. Ainsi dans l’Église, le baptisé ne peut rien sans le prêtre; le Prêtre et le Diacre (lui aussi ordonné par l’Évêque) ne peuvent rien sans l’Évêque; et l’Évêque ne peut rien sans les autres évêques – et il ne peut rien, d’ailleurs, sans le fidèle, le membre le plus simple du peuple de Dieu, dont il attend l’Amen pour continuer ce qu’il a commencé de faire ou ce qu’il a proposé que l’on fasse. C’est le mystère de l’Église: mystère d’obéissance réciproque à l’image et à la ressemblance de la sainte Trinité.

Le mystère de l’obéissance

Celle-ci n’est pas une vertu morale, juridique et disciplinaire. Elle est le renoncement à sa propre volonté afin de jouir sans cesse d’une communication de la grâce que l’on appelle la “bénédiction”. Celle-ci, à son tour, n’est pas une simple permission émise par une prétendue autorité. Elle constitue essentiellement la grâce, l’énergie incréée permettant de faire ce qui a été entrepris avec le consentement du père spirituel, par exemple le Prêtre ou l’Évêque. Le Christ Lui-même s’est montré obéissant jusqu’à la mort de la Croix: Il obéissait au Père, non par une soumission servile, mais par amour, par confiance, par communion intime avec la volonté du Père; et cette communion extrême avec le Père lui assurait la communication continuelle et abondante du saint Esprit issu de ce même Père. De même, un fidèle, un diacre, un prêtre qui ne seraient pas dans l’obéissance à leur évêque se priveraient de la communication de la grâce du saint Esprit, qui vient chez l’Évêque par la volonté du Christ, seul tête de l’Église.

Formalisme

Pour toutes ces raisons, des célébrations, des sacrements accomplis par un prêtre hors de l’obéissance à un évêque légitime n’ont même pas d’existence, ils sont de pure forme. Non seulement ils n’ont aucune validité canonique, mais ils n’ont aucun contenu christologique ou pneumatologique: ils ne sont habités ni par le Christ ni par le saint Esprit. Et les fidèles qui croiraient communier des mains d’un tel prêtre ne communieraient en fait à rien.