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Le dimanche de Zachée, 31 janvier: Luc 19, 1-10.

Jéricho –Zachée

Nous nous retrouvons aujourd’hui à Jéricho, la « ville des palmiers », une des plus vieilles du monde, où abondent les sources abondantes et croissent de multiples fruits. Le Fils unique et Verbe de Dieu passe par cette belle cité pour monter à Jérusalem. Il marche vers la ville pascale, celle de sa propre Pâques. Lorsqu’est lu l’évangile de Zachée, la Pâque approche, les dimanches de pré carême pointent à l’horizon de notre faim spirituelle. Dès le baptême dans le Jourdain, la Pâque du Seigneur Jésus s’initiait. Tout dans le cycle liturgique va vers Pâques ou en découle ; tout, dans l’Histoire universelle, a pour centre la mort et la résurrection du Verbe fait homme ; la Croix brille au milieu des temps et au terme de tous les temps.

La miséricorde

Le Fils de l’Homme traverse son monde, non seulement pour le juger, mais pour « chercher et sauver ce qui était perdu ». Tel est le message de ce jour : le monde est le lieu de la manifestation du Dieu de miséricorde. Ce qui était perdu est sauvé. Telle est la parole de foi et d’espérance qui répond à des phrases entendues récemment : « Dieu, la pire invention des hommes » ou encore « l’oppression des religions ». L’expérience que nous avons du Christ Dieu n’a rien d’une invention de notre part : elle est une rencontre, la venue de Jésus chez nous, comme Il entra dans la maison de Zachée. Dieu n’a pas été inventé : Il s’est manifesté, Il s’est fait connaître, Il a rendu visite à son peuple – non pour l’opprimer, mais pour le sauver. Deux mille ans d’histoire de l’Église, de sainteté, de martyre et de dévouement des chrétiens aux plus pauvres de ce monde, attestent et prolongent cette venue du Seigneur parmi les hommes.

Il vient

Et le Seigneur vient continuellement ; la vraie Lumière veut loger chez nous, dans son monde, même si, comme le rappelle saint Jean, venant dans le monde pour illuminer tout homme, « Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli ». Aujourd’hui chez Zachée, un publicain mal considéré ; demain, chez toi, chez moi, chez nous, nous les publicains qui appartenons au Christ, qui sommes « les siens », Jésus Dieu vient « de nouveau, avec gloire pour être le Juge des vivants et des morts». Le monde, notre monde, notre planète, est un univers que Dieu visite. Comme Zachée, nous grimpons aux arbres, nous nous efforçons de guetter et de préparer son entrée annoncée – c’est tout le sens de la prière et de l’ascèse des baptisés. Nous espérons, tu attends, j’espère, qu’Il prononcera pour qui est ainsi monté à sa rencontre la parole merveilleuse : c’est chez toi, le pécheur, que Je dois loger aujourd’hui ! Aux pèlerins qui visitent Jéricho on montre le sycomore de Zachée. Tous veulent le toucher ou en prendre un morceau, mais il est protégé.

« Voir Jésus »

Nous voudrions pourtant toucher cet arbre d’où Zachée vit le Sauveur ; nous voudrions de cette relique précieuse, celle de la foi, de la vigilance. Nous aussi nous voulons « voir Jésus », et, comme Zachée, nous le verrons. Il entre chez nous par son Nom invoqué, par le pauvre qu’on accueille, par la Parole qu’on lit en famille ou tout seul ; Il vient surtout par son Corps très pur et son Sang précieux. Il traverse notre ville à chaque rencontre que nous faisons dans la journée, dans les signes des temps, dans la lecture prophétique que les saints font de l’actualité. Jésus vient. Il arrive dans la Pâque annoncée, que nous préparerons de toute notre ferveur en gravissant le sycomore de la prière, du jeûne, de l’aumône, de la fraternité et de l’amitié. Le saint Évangile, avec le lépreux reconnaissant, l’aveugle de Jéricho et aujourd’hui Zachée dont le nom signifie le Juste, nous apprend les attitudes qui font rencontrer Jésus pour une communion personnelle avec lui, pour régner avec lui dans son Royaume.

(Radio Notre-Dame 31.1.16)