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Le Bon samaritain : Luc 10, 25-37

Qu’est-ce qu’un commandement ? – icône du bon samaritain

L’évangile du Samaritain est une parabole. Jésus Christ utilise très souvent la méthode traditionnelle pour toucher indirectement par son message le cœur intelligent de l’homme, au-delà de la compréhension superficielle que donne un exposé moral ou philosophique. Bien souvent, on se fait mieux comprendre par une histoire que par un discours. Un des messages est ici la nature du commandement divin. Celui-ci n’est pas l’ordre donné à un inférieur ; ce n’est pas un précepte moral, ce qu’il faut faire pour être conforme avec un ordre social et religieux. Le commandement divin est généralement une injonction prophétique, c’est pourquoi il est traduit par le futur grammatical : Tu aimeras ! Tu feras ! Voilà une vision optimiste de l’homme.

Dieu ne demande pas l’impossible

Il nous est impossible, la plupart du temps, de faire la volonté de Dieu, d’une part en raison de nos péchés et de nos passions qui affaiblissent notre liberté et notre volonté au point que nous devenons incapables de réaliser cela même que nous reconnaissons comme bon et utile à nous et aux autres. Cette impossibilité a une autre raison : c’est une impossibilité naturelle. Même si l’homme est innocent, il n’est pas par lui-même capable de faire la volonté de Dieu. Certes, cela lui est tout de même naturel, puisqu’il est façonné à l’image de Dieu et pour lui ressembler. De ce point de vue, les commandements de Dieu sont naturels. Dieu ne nous demande que ce qui est dans notre nature. Toutefois, accomplir les capacités qui nous sont naturelles, faire vraiment fructifier le bien qui est en nous, passer de l’image à la ressemblance, ressembler donc à Dieu, aimer comme Il aime, faire tout ce qu’Il fait et davantage encore, comme Il nous l’a promis, nous est vraiment impossible. Nous sommes doués pour le faire, et nous n’arrivons pas à le faire.

Il nous aide à faire sa volonté

Aussi la parole de Dieu est-elle encourageante : mais si, Je t’assure, nous dit le Seigneur, tu y arriveras, tu aimeras le Seigneur et ton prochain. Je n’y croyais plus ; et le Seigneur me promet que, oui, je peux le faire. Cette impossibilité sera dissipée par la puissance divine. Le Seigneur Lui-même me donnera de l’aimer de tout mon cœur, comme nous le lui demandons dans une prière de vêpres : « Donne-nous de t’aimer de tout notre cœur et de faire en tout ta volonté ! » Nous lui demandons de rendre possible ce qui nous est impossible quoique nous en ayons la divine capacité. En actualisant notre potentiel divin, nous deviendrons vraiment des hommes.

Dieu prophète de l’homme

C’est pourquoi le Seigneur prophétise sur nous ; Il est le grand prophète de notre humanité – la sienne, puisqu’Il s’est fait homme. Le Seigneur connaît les capacités qu’Il a mises en l’homme quand Il le façonna à son image et quand Il lui insuffla le souffle de vie. Étant Lui-même homme, Il sait très bien de quoi nous sommes capables. Il le sait mieux que nous parce qu’Il est l’Homme accompli. Il prophétise parce qu’Il sait tout de nous : que l’homme, capable d’un amour total pour son Seigneur, est capable de se donner à lui de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces, et capable du même amour pour l’homme – capable donc de réaliser la vie divino humaine. Aussi peut-Il nous dire : Fais cela et tu vivras !

(Radio Notre-Dame le 13 novembre 2016)