« Gloire à toi, Esprit très saint et très bon, Seigneur, gloire à toi! »      « Gloire à toi, Esprit très saint et très bon, Seigneur, gloire à toi! »      « Gloire à toi, Esprit très saint et très bon, Seigneur, gloire à toi! »

Évangile du 20ème dimanche après la Croix : Matthieu 15, 21-28.

La cananeenne et sa fille

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Le baptême dans l’Esprit –

Au Nom du Père et du Fils et du saint Esprit, en ce temps renouvelé par la glorieuse Nativité humaine du Créateur et par la sanctification de toute la Création qu’Il a opérée en s’immergeant dans le grand Fleuve, toutes les paroles du saint Évangile entendues au cours des offices liturgiques sont à écouter à la lumière du baptême de l’Esprit. Porteur de l’Esprit du Père, immergé dans cet Esprit de façon atemporelle, habité et saturé par l’Esprit, le Verbe incarné arpente la sainte Terre en irradiant l’Esprit à chaque pas. Le baptême dans l’Esprit, annoncé par le Précurseur, a lieu de façon permanente. Le Verbe ruisselle de l’Esprit qui déborde de lui.

Le Fils invoque l’Esprit

Simultanément, Il invoque continuellement l’Esprit du Père et l’envoie d’auprès de Celui-ci sur les personnes qu’Il rencontre. Avant la sainte Pentecôte, ce couronnement des temps prophétiques, avant la Descente vertigineuse de l’Esprit en ses dons sur ceux qui, par lui, croient déjà au Fils de Dieu et Seigneur, s’opère un ruissellement continuel de la grâce du saint Esprit à l’invocation du Fils. Le Verbe pourrait être appelé Fontaine de l’Esprit, et toute sa vie publique a été celle d’un gigantesque et humble charismatique. Son humilité, son effacement, dont Il parle Lui-même dans les paroles rapportées par saint Jean, est la clef de ce baptême dans l’Esprit. Nous le voyons bien en ce jour, dans cet épisode qui n’est pas une parabole et qui est au contraire un évènement historique remarquable.

Le dialogue divino humain

Le Verbe porteur de l’Esprit, le Verbe pneumatophore, rencontre, comme dans de nombreux passages de l’Évangile, une personne. Et, comme dans chaque rencontre, Il la baptise dans l’Esprit. Le Sauveur Jésus baptisait continuellement, parce que, sans cesse Il invoquait l’Esprit du Père sur les personnes rencontrées, et sans cesse Il déversait de sa propre personne, comme d’une source seconde, l’Esprit qui jaillit du Père. Il s’approche d’une personne et Il la baptise, c’est-à-dire qu’Il fait ruisseler d’en-Haut sur elle, depuis les entrailles paternelles, l’abondance de l’Esprit. La prière même de la Cananéenne atteste cela, car c’est par l’Esprit qu’elle s’écrie : « miséricorde, Fils de David ! » L’Esprit lui donne le charisme de l’audace pour dialoguer avec le Verbe d’égale à égal.

Le mystère de la personne

Et le Verbe, ménageant l’espace de ce dialogue, s’efface devant de l’Esprit vivificateur. Une grande théophanie de l’Esprit a lieu en ce jour. L’Esprit, comme une colombe ou comme une langue de feu, repose simultanément sur le Verbe et sur la Cananéenne. Il en a été de même lors de la rencontre avec la Samaritaine. Ces conversations ont lieu au sein d’une épiclèse, et les personnages humains manifestent qu’ils viennent de recevoir l’ondée de l’Esprit par les paroles qu’ils prononcent et par leurs actes. Le baptême de l’Esprit est toujours personnel : le Verbe oint, de l’Esprit dont Il est oint Lui-même et porteur, une personne à laquelle Il dit : « tu ! », l’immergeant dans l’Esprit dont Il est l’Hôte.

(a.p. Marc-Antoine, Radio Notre-Dame, « Lumières de l’Orthodoxie », 29.01.2023)
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