« Le Christ est né pour nous, venez et adorons-Le ! »                    « Le Christ est né pour nous, venez et adorons-Le ! »                      « Le Christ est né pour nous, venez et adorons-Le ! »                     « Le Christ est né pour nous, venez et adorons-Le ! »                    « Le Christ est né pour nous, venez et adorons-Le ! »                    « Le Christ est né pour nous, venez et adorons-Le ! »                      « Le Christ est né pour nous, venez et adorons-Le ! »                     « Le Christ est né pour nous, venez et adorons-Le ! »

Évangile de la Nativité : Matthieu 1,1-25.

nativité Louveciennes

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Dieu mis au monde –

En ce dimanche d’avant-fête de la Nativité et de la Généalogie, nous avons écouté avec attention la liste, énigmatique pour nous, des ancêtres selon la chair du Dieu fait Homme. Nous avons entendu le récit de sa conception virginale conforme à l’annonce du Prophète, et de l’obéissance charismatique de Joseph le Juste et Chaste. Ces paroles mystérieuses nourrissent notre perception de la réalité du monde dans lequel nous vivons. Parmi les hommes, au milieu de la société humaine, non seulement juive mais de tous les temps, le Créateur du ciel et de la terre et de tout ce qu’ils renferment, miraculeusement conçu selon l’annonce de l’Archange, est mis au monde. Étrange mystère : le Créateur du monde est « mis au monde » !

Dieu présent en l’homme

Chaque fois que nous voyons une femme enceinte, nous y reconnaissons l’icône de notre Salut ; chaque fois que nous voyons un nourrisson, nous le contemplons comme la première image humaine que le Créateur nous a donnée de lui-même ; chaque fois que nous verrons un homme, nous serons appelés à le vénérer comme icône du Créateur de l’homme. Invraisemblable, inconcevable, incroyable, impensable, inimaginable, invisible aux yeux mortels et aveugles, cette réalité qu’affirment les anges, les saints, les justes et les martyrs de tous les temps… Chaque fois que nous célébrons la divine Liturgie, nous l’affirmons également : « le Christ est parmi nous ! »

Dieu lointain

Un dieu gravitant à la périphérie des mondes, au large de la terre et de ses habitants ; un dieu résidant dans les hauteurs et dans les espaces inconcevables des cieux des cieux ; un dieu qui nous parle avec amour mais de loin, de très loin – Il a dû prendre les prophètes comme porte-voix – : ce dieu nous parle indirectement par la beauté de la Création et par l’intelligence que les savants trouvent dans la matière et dans la logique des astres. Bien sûr, la réalité même de la Bible, cette Parole appelée sainte Écriture, repose sur le fait que la Divinité s’adresse à l’Humanité par tous les moyens. L’Histoire universelle est structurée par le dialogue divino humain, car les hommes ne se sont pas privés de répondre à cette Parole, de la solliciter, de la supplier ou de la contester.

Dieu intérieur

Mais aujourd’hui, il s’agit d’un tout autre registre. Le dieu qui parle de l’extérieur, parle maintenant de l’intérieur de l’homme. La parole divine se fait parole humaine, à commencer par les vagissements d’un nouveau-né. Qui le croirait ? Cet embryon qui remue dans les entrailles de la Vierge ; ce bébé qui demande le sein ; cet enfant sans parole qui ne se réveille que pour crier sa faim – cet homme microscopique est le grand Dieu d’Adam et Ève, d’Abraham, d’Isaac, de Jacob, de Moïse et de tous nos ancêtres juifs. Qui peut le croire, sans la grâce du saint Esprit ? Notre Dieu s’est inséré, s’est inséminé dans la lignée des hommes dans le bel et approximatif arbre généalogique.

L’ADN purifié

Notre Dieu assume l’hérédité humaine, Il purifie de l’intérieur l’ADN de son peuple et, par lui, de l’humanité entière. Fœtus comme Il est, bébé comme Il est, Il porte tout de l’homme et tous les paramètres de la condition humaine : la souffrance et la douleur de l’âme et du corps, et la mort. Il assume tout cela, parce qu’Il le veut ; Il choisit et ne subit pas ; son grand amour lui fait aimer le genre humain jusque dans les recoins de sa faiblesse. Et ce grand amour divin, l’amour du Père et du Fils et du saint Esprit, manifesté dans la Personne du Verbe fait homme, est lumière triomphante, victorieuse de la folie humaine, de la méchanceté, de la guerre et de toute violence faite par l’homme à l’homme.

(a.p. Marc-Antoine, « Lumière de l’Orthodoxie », Radio Notre-Dame, 24.12.23)