« Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi »         « Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit »      « Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi »         « Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit »   

Une église : est-ce nécessaire ?

Dura Europos baptistère reconstitué par l'Université de Yale

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Non –

Pas du tout : les chrétiens ne sont conduits ni par la nécessité, ni par le hasard ! On sait que les premières communautés de baptisés se réunissaient où elles pouvaient pour célébrer l’Eucharistie. Elles utilisaient des lieux existants ou des maisons particulières comme à Doura Europos en Syrie où l’on a retrouvé un baptistère. Elles se réunissaient dans des catacombes, notamment en temps de persécution. A partir du III ème siècle seulement, on trouve des restes d’édifices de style basilical comportant une salle quadrangulaire. Dès le IV ème siècle, les édifices se multiplient pour accueillir les fidèles devenant de plus en plus en nombreux. A cette date, on commença à édifier l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem.

Le Corps

La communauté des baptisés, ce qu’on appelle l’assemblée, forme en premier lieu l’Eglise, appelée Corps du Christ par saint Paul. Les fidèles se réunissent avec leurs pasteurs principalement pour célébrer ce qu’on appelle les « saints Mystères », c’est-à-dire la liturgie eucharistique, et ce qui y conduit : le saint Baptême. Les Actes des Apôtres décrivent cette Eglise non faite de main humaine : elle se reconnaît à sa foi, à ses réunions fréquentes pour la célébration et pour l’agape, ce repas fraternel. Le Peuple de Dieu se caractérise par l’amour qui règne entre ses membres.

L’Esprit

Une telle assemblée existe par la présence invisible du Christ « au milieu » de ceux qui se réunissent en son nom ; elle est animée par l’Esprit saint qui lui donne l’intelligence de la Parole et lui inspire l’amour pour le Père et pour le prochain. C’est la communauté des croyants, et non les édifices, qui constituent l’Eglise. Bâtir une église « en dur » suppose l’Eglise de chair et ne la remplace pas !

L’Icône

Il en est de même de l’icône. Il devrait suffire de contempler dans le visage de son prochain la présence du Christ. Chaque être humain est façonné à l’image du Verbe et constitue le lieu par excellence de sa présence. Chaque baptisé est à lui seul un temple de l’Esprit. Et chacun d’entre nous n’a rien de mieux à faire que de faire progresser vers la ressemblance l’image qui est en lui. De ce point de vue, l’icône peinte ou sculptée, n’est pas indispensable : les saints rayonnent de la présence du Christ, Icône non faite de main d’homme.

Mystagogie

Toutefois, un édifice cultuel, comme l’icône peinte, correspond à un besoin pédagogique, « mystagogique » : guider les fonctions cognitives que sont le cœur, le corps et l’esprit de l’homme vers la présence du Verbe incarné dans le monde ; et les orienter vers le monde qui vient. L’église « en dur » instruit tout notre être par le langage des formes et des proportions, par la gestion de la lumière, et par sa façon de propager la Parole que porte le souffle, sacrement de l’Esprit. Notre cœur s’y illumine par l’émerveillement quand la beauté des images peintes sur les surfaces nous adresse la même Parole que celle que nous entendons. L’image, en fresque ou portative, est, on l’a souvent dit, cette fenêtre qui s’ouvre à l’Invisible.

Le cœur pur

Bien entendu, nous avons, par le saint Esprit, la faculté de voir partout présent le Créateur de l’univers : dans ce qui subsiste de la beauté du monde, dans le visage humain défiguré ou transfiguré. Les cœurs les plus purs dans le Peuple de Dieu « verront Dieu », que ce soit dans le bâtiment d’une merveilleuse église, que ce soit dans la matière transfigurée de l’icône peinte, ou que ce soit dans les créatures. Ils le voient même dans l’humanité souffrante, comme Dieu et amour crucifiés. Ils le chantent dans les forêts, au bord des océans et dans les montagnes. Et ils entendent la louange que toutes les créatures, par leur existence même, adressent au Créateur du visible et de l’invisible. 

Je retiens : la première église est le temple de chair

(a.p. Marc-Antoine – 19/09/2026)
> image du baptistaire de Doura-Europos (Syrie)