Frustration –
La louange, sous une forme ou l’autre, est le sommet de la prière. Elle est l’aboutissement du Psautier, dont le dernier cathisme lui est consacré. Mais, égoïstement, nous pouvons avoir le sentiment d’être frustrés de l’objet habituel de nos demandes et de nos supplications.
Gratification
La louange nous apporte précisément le dépouillement de nous-mêmes. Elle exprime notre considération totale pour autrui. Elle est un renoncement et un détournement de soi. Elle nous soigne ainsi des maladies de l’âme que cause l’amour égoïste de soi. En particulier, la louange rend l’hommage le plus grand possible à l’amour du Père manifesté par le Fils : « Louange à ta longanimité, ô Christ ! », chantons-nous pendant la Semaine sainte, cette semaine de gloire.
Gratuité
Nous ne sommes pas appelés à glorifier Dieu seulement pour ce que nous recevons de lui. Une louange plus grande s’adresse à Dieu pour lui-même : « Nous te louons, nous te rendons grâce, nous te glorifions pour ta grande gloire », dit la Doxologie. Et lorsque nous rendons grâce pour autrui, nous découvrons que nous pouvons le préférer à nous-mêmes. En tout cela, la louange nous fait grandir dans l’amour désintéressé pour Dieu et pour le prochain.
Dilatation
L’expérience de la louange est en elle-même gratifiante. Nous y recevons, en réponse à l’abnégation de nous-mêmes, la grâce d’un amour toujours croissant pour celui dont nous faisons l’éloge, notre Seigneur, notre Maître et notre Dieu, ou notre prochain. Elle remplit notre cœur jusqu’à le dilater d’une joie et d’un émerveillement qui passent tout ce que l’on peut concevoir. C’est la prière des anges et de toutes les puissances incorporelles.
Invulnérabilité
Par la louange, nous sommes affranchis des pensées négatives, morbides, en tout cas inutiles, qui harcèlent notre esprit. En effet, elle a son siège dans le cœur, cet organe suprême de la connaissance. Celle ou celui qui s’établit dans la louange devient invulnérable. Les saints martyrs sont appelés « victorieux » parce que leur louange les rendait insensibles à la douleur – ou plutôt : l’Esprit saint, Inspirateur de la louange, descend encore sur la personne qui glorifie le Christ, et la couronne de la même gloire.
Je retiens : je suis comblé par la louange
(a.p. Marc-Antoine – 27/03/2026)