La dépendance –
Notre esprit, notre intelligence, nos émotions, nos sentiments se nourrissent d’informations qui les stimulent pour les exalter ou pour les accabler. Ces informations circulent dans la société civile sous forme d’idées ou d’images, de sons et d’autres sensations souvent très vives. Nous nous trouvons souvent en état de dépendance à l’égard de ces sollicitations, notamment dans le domaine visuel.
La saveur
Or, le jeûne est précisément une démarche d’affranchissement. Tu jeûnes pour être libre de ce qui, peut-être, allait jusqu’à t’asservir – dépendance alimentaire, dépendance sexuelle, dépendance affective. Le jeûne est un changement de régime qui nous permet, en passant d’une alimentation à une autre, de retrouver, non seulement une autonomie personnelle, mais encore la saveur de l’existence. Celui, par exemple, qui jeûne du tabac, redécouvre son odorat !
L’hypnose
Il en est de même du jeûne qu’on peut appeler culturel, celui qui peut nous rendre notre autonomie par rapport aux médias. L’image fascine ; sur les réseaux sociaux elle grise par sa rapidité ; son impact peut créer une forme d’hypnose, notamment chez les enfants. Et nous ne parlons pas des messages ainsi transmis, et qui souvent n’excitent que la convoitise.
La beauté
Pourrions-nous, pendant quarante jours, nous sevrer des images ? Pouvons-nous sortir du consumérisme culturel ? Pouvons-nous suspendre notre consommation de réseaux sociaux ? Autrefois, les théâtres, dans certains pays, fermaient pendant la durée du Carême. On ne peut s’affranchir d’un plaisir qu’en lui en substituant un autre ! Le grand Carême coïncide providentiellement avec le printemps.
Alternative
Nous pouvons retrouver le grand air à la montagne, en forêt ou en bord de mer. À la maison, nous pouvons retrouver le plaisir des jeux familiaux, pourquoi pas de la lecture ? À l’église, satisfaisons notre amour de l’image et de la beauté par la vénération des icônes, par la « beauté de la maison » de Dieu, par la profonde synesthésie liturgique. Cherchons, c’est l’essentiel, pour nous comme pour nos enfants, à remplacer nos habitudes culturelles par d’autres habitudes – un changement de régime !