Don de soi –
L’aumône, avec la foi, la prière personnelle, le jeûne et la célébration, est un des piliers de la vie des baptisés. Il en est continuellement question dans la Bible. Le Christ la mentionne plus d’une fois. Les textes liturgiques, notamment le Triode de Carême, y invitent. Elle est une expression privilégiée de l’amour du prochain. Celle ou celui qui « fait l’aumône » offre de l’argent, de la nourriture, des vêtements. Il donne également du temps, de l’attention, de l’amitié, de l’amour : il donne de soi-même ou se donne lui-même, c’est l’essentiel.
Gratitude
L’aumône est une action de grâce. Conscients des bienfaits du Seigneur à notre égard, nous sommes inspirés par l’Esprit d’exprimer notre gratitude. Nous faisons cela par des prières et des offices d’action de grâce, pour prendre à témoins nos frères de ce que le Seigneur a fait pour nous, pour notre famille tout entière, pour notre entourage et finalement pour le monde entier. L’offrande que nous faisons à notre prochain, c’est à Dieu que nous la faisons. Elle accompagne notre prière ; elle est le sacrement de notre gratitude. Elle est apportée dans l’Église ou dans le monde.
Acquisition de la grâce
L’aumône ouvre notre cœur à la grâce divine et incréée. Nous pouvons par elle acquérir l’humilité quand nous prenons conscience qu’elle est inutile, qu’elle est elle-même un don gratuit. Nous pouvons également recevoir et développer l’amour : notre égoïsme et notre avarice sont brisés ; nous disons seulement au Père, à nos frères ou à notre prochain que nous les aimons. L’aumône est une déclaration d’amour, pleine de notre sentiment d’impuissance devant la condition d’autrui et la transcendance de Dieu.
Efficacité
L’aumône peut soulager des souffrances. Il se fait beaucoup de bien dans le monde, quoique souvent les hommes ne sachent pas qu’ils font la volonté de Dieu. Un disciple du Christ s’associera volontiers aux actions qui s’organisent en faveur des plus malheureux, en temps de guerre et de persécution, ainsi que dans cette paix relative que connaît le monde et qui tolère bien des injustices. De belles sommes peuvent ainsi être utilement réunies.
Synergie
Le bien qui se fait ne trouve pourtant sa valeur ultime que dans son union à Dieu. Bien est ce qui conjugue la volonté de Dieu et la volonté de l’homme. Combien d’athées sont des chrétiens qui s’ignorent ! Précisément, le disciple du Verbe incarné peut, par sa foi et sa connaissance du vouloir divin, par son action de grâce, opérer l’indispensable conjonction des œuvres humaines avec l’action de Dieu dans le monde.