“Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi”         “Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit”      “Gloire à ta divine résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi”         “Seigneur Jésus Christ notre Dieu, rends nous dignes du don du saint Esprit”   

Homélie du dimanche de la fête des saints locaux : Matthieu 4, 18-23.

STE HONORINE

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Les apôtres et les saints – 

En ce deuxième dimanche du temps de Pentecôte, chaque peuple fait mémoire des saints qui lui sont propres ; chaque Église souveraine célèbre la présence invisible de ceux et celles qui sont à l’origine de son existence et qui, au long des siècles, l’ont accompagnée pour porter les fruits de l’Esprit. L’évangile de ce jour rapporte la vocation des premiers apôtres et nous place à la racine de la vie ecclésiale. Nous mettons notre foi dans l’Église « apostolique » et « sainte », et ces deux vertus du peuple des baptisés se rejoignent aujourd’hui.

L’identité de foi

Dans le mystère de la Pentecôte, les disciples du Christ reçoivent la grâce apostolique et la grâce de la sainteté. Ils reçoivent ces dons pour former un peuple nouveau, un peuple unique et universel, que l’apôtre Paul appelle le Corps du Christ (Ep 4, 12 ; 5, 23 ; 5, 30). Ainsi les chrétiens de chaque peuple et de chaque nation de la terre forment l’Église « unique » en laquelle ils mettent leur foi ; l’Église « une » dans laquelle ils trouvent leur identité. La nationalité, l’ethnie, sont ainsi transfigurées dans une appartenance plus profonde, issue de la foi, de l’immersion dans le Christ ou « baptême », de l’onction du saint Esprit et de la communion eucharistique. L’identité de foi transcende ainsi l’identité nationale.

L’amour des autres cultures

Le péché nationaliste, l’ethnocentrisme, produit souvent des comportements incompatibles avec la grâce du saint Esprit, telle qu’elle est accordée généreusement dans l’événement de la Pentecôte. On voit des nations chrétiennes se dresser contre d’autres nations chrétiennes, dans l’oubli de l’appartenance au Peuple unique de Dieu ; l’amour, bien légitime pourtant, de sa nation se déforme en une passion, puisque cet amour devient plus important que l’identité de foi. En même temps, gommer en quelque sorte tous les caractères de la nation dans une multinationale chrétienne n’est pas ce que le Seigneur veut. La variété des langues, des cultures et des expériences historiques est d’une richesse inappréciable, la Descente de l’Esprit la transfigure. Et la grâce apostolique, justement, permet de coordonner de façon synodale les dons de chaque peuple. Elle donne également l’amour des autres cultures, des autres peuples et des charismes qui se montrent en eux.

La citoyenneté bénie

Nous prions pour notre pays de France, de Roumanie et de chaque peuple auquel nous appartenons, car c’est par la volonté de Dieu que nous y sommes nés. Il n’est pas aléatoire d’avoir été conçu juif, comme le Seigneur lui-même, ou arabe, ou français, ou russe ; ou roumain… Le Seigneur qui s’est fait juif m’a fait ce que je suis. Cela veut dire une responsabilité par rapport au peuple auquel j’appartiens, une citoyenneté bénie par Dieu, la vocation de promouvoir tous les charismes propres à ma nation. Et les saints Pères disent souvent que chaque nation a son ange, son accompagnement invisible en vue d’accomplir la volonté du Père. C’est pourquoi, aimer sa propre histoire nationale nous dispose à nous éprendre de l’histoire des autres qui vont vers le même Père, le « nôtre ».

La Personne du Verbe

Au-dessus des anges, à la tête de tous les peuples de la terre, Roi et Pontife unique, citoyen juif et auteur de la création, paradoxalement membre d’une nation particulière et Roi des rois, c’est-à-dire, Tête de son Corps ecclésial et de l’humanité totale, est le Seigneur Jésus Christ, Personne divine qui assume toutes nos joies, toutes nos peines, toutes nos richesses et tous nos manques. Son amour pour chaque peuple dont Il est simultanément la Tête unique nous inspire l’amour mutuel qui hait la haine et met à mort la mort. Les baptisés, à la fois membres du Peuple unique qu’est l’Église et citoyens de la nation particulière qui est la leur, « suivent l’Agneau partout où Il va », comme dit l’Apocalypse (14, 4). Or, Il va vers le Père et nous conduit vers lui, l’unique Père de tous les hommes, quelle que soit leur nation particulière, et Source unique de l’unique Esprit déversé sur chaque peuple et en lui.

Rendre grâce pour autrui

En ce jour, faisons donc avec fierté charismatique mémoire des saints de notre peuple ! Célébrons ces personnes qui ont vécu la grâce apostolique dans la profondeur de leur être, et nous l’ont transmise. Fêtons les saints et les saintes de nos pays respectifs en qui se rejoignent la grâce apostolique, la grâce de la sainteté, celle de l’unité et de l’unicité, et la grâce de la catholicité, ou plénitude de la vie et de la vérité du Christ – et que chaque nation se réjouisse de l’autre et rende grâce pour elle !

(a.p. Marc-Antoine – 22/06/2025)