Jésus Seigneur –
L’évangile de ce quatrième dimanche de Pentecôte est un des textes les plus connus. Pourtant, comme chaque parole biblique, il est inépuisable ; nous ne cessons de nous émerveiller des nombreux messages qu’il comporte et chacun de nous, généralement, se sent interpelé de façon très personnelle. La question la plus importante de notre vie comme de la vie d’autrui est la reconnaissance de Jésus Christ comme Seigneur. « Le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur », saint Paul le rappelle dans l’épître aux Romains que nous venons d’entendre.
Souverain
Le mot Seigneur peut avoir un sens très ordinaire quoique plein de respect : en grec, cela veut dire tout simplement Monsieur. C’est une expression de la relation sociale et le centurion de cette histoire s’est adressé à Jésus Christ avec la politesse que l’on montre à une personne que tous respectent. La deuxième fois pourtant qu’il utilise cette formule, ce n’est plus seulement par politesse. Il reconnaît en Jésus quelqu’un qui jouit d’une très grande puissance : il sait par ouï-dire que Jésus n’a qu’à prononcer une parole pour qu’un évènement ait lieu. Ce n’est pas plus difficile pour Jésus de guérir son domestique que pour lui-même de donner des ordres.
Adonaï
C’est bien pour cela que Jésus reconnaît en cet homme une foi exceptionnelle, qu’Il n’a trouvé « chez personne en Israël ». Il entend dans le nom de Seigneur qui lui est donné la reconnaissance de la puissance divine, de la souveraineté dont Il ne se réclame pas en général, parce qu’Il préfère parler de la puissance du Père. Le nom de Seigneur qui lui est donné, Il l’entend comme la glorification de son identité profonde, son identité divine de créateur et de maître de la vie, de la mort, de la santé et des épreuves. Ce nom, nous savons qu’en hébreu il se dit Adonaï. Jésus est Adonaï, comme le Père et l’Esprit sont Adonaï. Comme Il est, non un simple thaumaturge, mais Adonaï, Il peut d’une seule parole guérir, ressusciter, soigner et consoler.
L’Esprit saint
Quand nous prions pour autrui, nous espérons que Jésus Christ puisse être reconnu par lui comme Seigneur. Jésus ne s’impose pas comme tel. Mais notre existence en ce monde et dans l’autre dépend de ce qu’Il soit reconnu par nous comme le Seigneur de notre vie. Le salut de ceux pour lesquels nous prions, le salut du monde entier pour lequel nous intercédons, commencent par la reconnaissance de Jésus comme Seigneur. Un Père contemporain dit : le nom Seigneur résume toute prière. Nous disons « Seigneur ! » et nous exprimons tout ce que nous croyons, ce que nous attendons et savons que le Père a prévu pour chacun par son Fils. Et, dit l’apôtre Paul, c’est par le saint Esprit, l’Esprit du Père, que l’on reconnaît Jésus pour Seigneur.