L’écoute de la Parole –
Au Nom du Père et du Fils et du saint Esprit, nous venons d’entendre et d’écouter l’évangile – car nous ne nous contentons pas de laisser résonner à nos oreilles le bruit que fait la Parole de Dieu, mais nous écoutons celle-ci en réponse à l’injonction : « Sagesse ! Tenons-nous bien ! Écoutons le saint Évangile ! » Cette Parole pénètre en nous par la grâce du saint Esprit ; elle nourrit notre cœur intelligent, notre intelligence réchauffée par le cœur, et la totalité de notre être : nos membres les plus humbles tressaillent à l’audition de la voix de notre Maître !
L’historicité du récit
Cette parole rapporte des faits historiques remarquables et stupéfiants. Comme une foule se pressait à ce moment autour du Seigneur Jésus, nous savons que l’évènement rapporté est vérifié par de nombreux témoins. Or ce qui s’est passé ce jour-là dans un lieu lui-même précis et connu – les berges du lac de Génésareth – est riche de plusieurs informations fondamentales. Le Christ n’est pas seulement un maître qui enseigne la foule, ce qui atteste son humanité réelle et de grande envergure. Il est également celui qui est exactement conscient de la puissance divine qui est en lui en tant que Souverain du ciel et de la terre. Quand Il dit : « Avance en eau profonde et jette les filets », Il connaît déjà la nature des eaux et ce qu’elles renferment.
La divinité du Christ
Sa divinité est encore plus éclatante par le miracle qui s’accomplit : celui qui, avec le Père et l’Esprit, est le créateur du ciel et de la terre, manifeste sa divine créativité par la multiplication. Dieu, non seulement crée, mais Il multiplie : sa créativité se prolonge dans le nombre des créatures, ce que nous voyons dans les forêts, dans les mers et dans le ciel. Et encore, ne connaissons-nous pas le nombre exact des anges de chaque degré hiérarchique. Leur nombre, comme celui des poissons de la mer, n’est pas infini ; mais il ne peut être embrassé, tellement il est grand : les créatures, visibles et invisibles, sont innombrables.
Les dons de l’Esprit
Un autre évènement extraordinaire se passe dans le cœur des apôtres. Ce n’est pas ici un fait matériel ; c’est un évènement charismatique. Dans le temps même où le Christ, Fils unique et Verbe du Père, profère son injonction, agit l’Esprit, qui communique la grâce incréée. Cette grâce en ce jour s’est manifestée de façon multiforme : l’Esprit qui est Dieu multiplie, non des créatures, mais des dons incréés ! Il déverse d’abord sur l’apôtre le charisme de l’obéissance : « puisque Tu me dis de le faire, je vais le faire ! », et l’apôtre le fait. Ensuite, ce même Esprit répand sur les disciples une autre grâce : la crainte de Dieu qui fait l’apôtre Pierre « se jeter à genoux devant Jésus », le reconnaître comme Dieu, se sentir minuscule et impur devant lui : « éloigne-toi de moi ! Je suis pécheur ! » Ensuite, le même Esprit répand chez tous les disciples présents dans la barque le charisme de la stupeur : ils sont bouleversés par cette magnifique théophanie.
La grâce apostolique
Il y a encore un grand charisme que l’Esprit, le Saint, le Seigneur, le Vivificateur, donne aux apôtres : eh bien, justement, la grâce apostolique, le charisme missionnaire, qui fait apparaître la pêche miraculeuse qui vient d’avoir lieu comme la métaphore de l’activité des disciples. Et cette grâce d’aller à la pêche aux personnes humaines est initiée par la grâce de l’obéissance : « ils laissèrent tout et suivirent Jésus ! » Le disciple suit le maître ; il met ses pieds dans ses pas ; il apprend tout de lui ; et il fait tout ce que son maître fait !