Le Fils révèle la pensée du Père –
Au Nom du Père et du Fils et du saint Esprit : Amen ! Oui : Amen ! C’est-à-dire « en vérité ! Oui ! Nous adhérons ; nous sommes là ! Oui à la venue du Fils de l’homme dans notre vie, dans notre monde, dans notre pays épuisé par la discorde et toutes sortes de passions mortifères ! Oui à Dieu ! Oui au Verbe ! Oui au Messie, le Fils que, de façon atemporelle, le Père oint de son Esprit, c’est-à-dire le consacre, le chérit, se reconnaît en lui (Luc 3, 22), le bénit et l’envoie dans la création pour dire sa pensée et montrer son amour.
Le Père aime le monde
De cela parle l’évangile de ce jour : le Père aime tant le monde qu’Il lui envoie son Fils. Cette parole, Jésus l’a prononcée lui-même pour parler de lui-même, comme d’un autre, à la troisième personne, ce qu’Il fait très souvent. L’humilité du Fils consiste, quand Il évoque le Père, à ne pas dire « je », à s’effacer ainsi devant la Personne source de la divinité et source du Verbe et de l’Esprit. Cette citation du Verbe est reprise par saint Jean Chrysostome dans son anaphore et nous l’entendons chaque fois que nous célébrons la divine Liturgie : « Tu as tant aimé ton monde que Tu as donné ton Fils unique pour que celui qui croit en lui, au lieu de mourir, ait la vie éternelle ».
La Parole mise en Croix
Cette parole n’est pas anthropomorphique, quoiqu’elle rappelle le sacrifice d’Abraham. Elle n’est pas une belle image métaphorique. Elle dit la vérité. Le Fils, Jésus, le Christ, le Sauveur est la même Personne divine : la Parole ou Verbe du Père. Le Père conçoit ; et, ce qu’Il a conçu, Il l’exprime par sa parole et le porte par le souffle de son Esprit. Pensée, parole et souffle sont Un. Le monde, quoi qu’il soit ravagé par le péché, est aimé du Père, ne l’oublions jamais. Comment le Père n’aimerait-Il pas le monde puisque c’est par amour qu’Il lui a donné l’existence, l’intelligence et la vie ? Et son amour prend la forme de la Croix parce qu’il est rejeté ; parce qu’une bonne partie du monde préfère le péché à l’amour.
Le Père de tous
La façon spéciale dont le Père manifeste au monde l’amour qu’Il a pour lui c’est de donner celui qu’Il a conçu de façon atemporelle, son Verbe et Fils, et de donner celui qu’Il exhale avant tous les siècles, son Esprit et Consolateur. Que personne ne dise donc que Dieu ne fait rien pour ce monde dévasté ! Que personne ne pense que le monde est abandonné du Père ! Qu’aucun insensé n’ose dire que s’il y avait un dieu le monde ne serait pas ce qu’il est… Ne calomnie par le Père ! Il y a un dieu, qui est le seul et unique Dieu de tous les temps et de tous les lieux, notre Père, le Père de tous ceux qui se montrent ses fils en le reconnaissant pour Père, et le Père de tous ceux qui ne le connaissent pas encore…
Ce que le Père fait pour le monde
Tous les jours, sa Parole, son Fils, est donné à notre monde ; tous les jours, son Esprit est insufflé dans notre monde, à la prière de ses saints. L’Évangile est publié ; le message de paix est diffusé ; l’exemple des saints est connu. Le Père aime tant son monde que tous les jours Il met sa Parole, sa Sagesse, sa Bonté, son Amour, sa Vérité, et l’exemple même de sa façon d’exister, à la disposition des hommes. Beaucoup accueillent l’Offrande du Père. Mais, un grand nombre est sourd à cette Parole ; une grande part de l’humanité est aveugle et ne voit pas la présence du Dieu-Homme parmi nous ; ou bien, ne veut elle ni voir ni entendre, car il faudrait alors se convertir, changer complètement la façon de gouverner les peuples et de gérer la planète !
Ce que dit la Mère de Dieu
N’abandonnons pas notre monde et nos pays au désespoir. Continuons à accueillir le Verbe et Fils du Père, à suivre son enseignement, à témoigner de sa paix, à riposter par l’amour à la haine ; à répondre au péché de la guerre par la puissance du bien. Ne cessons pas de vénérer la sainte et vivifiante Croix, comme nous le faisons en ce jour d’avant-fête, l’Amour immolé et triomphant. Restons proches de la Mère de Dieu, dont nous célébrons la naissance en avant-fête : elle qui « écoute la Parole et qui la garde ! » (Luc 11, 28). Nous glorifions le Père céleste et la Mère terrestre du Fils et Verbe : le premier, pour l’avoir divinement conçu et l’avoir envoyé dans le monde ; la deuxième, pour l’avoir humainement conçu et l’avoir accueilli, écouté, choyé, nourri et nous avoir appris à en faire autant : « Faites tout ce qu’Il vous dira ! », disait-elle (Jean 2, 5).
(a.p. Marc-Antoine – 06/09/2025)