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J’ai perdu le goût pour la prière… Je suis de mauvaise humeur, impatient. Que faire ?

Déprime… –

Il semble que ce que vous expérimentez corresponde à ce que nos saints ascètes appellent l’ “acédie”. Le prophète David (Ps. 142) et saint Jean Climaque (Échelle 13) parlent de cette passion: dégoût de la prière et de la lecture; dégoût même de bien faire et d’accomplir les commandements du Seigneur; lassitude; sentiment de l’ “à quoi bon?”. La cause ? Peut-être la négligence, la paresse, le fait de dire les prières trop vite et sans y penser suffisamment, une lecture superficielle de la parole de Dieu et, particulièrement, le fait de ne pas invoquer l’Esprit saint avant la lecture. Cet état est à prendre avec beaucoup de sérieux. Il ne passera pas de lui-même et, le diable s’en mêlant, il peut nous conduire à abandonner toute prière et à souhaiter vivre comme les gens du monde qui ne se soucient pas de Dieu et qui cherchent la consolation dans les plaisirs passagers (cf. Ps 36, 1).

Espoir

C’est une grande souffrance, accompagnée d’insensibilité ; une occultation du sens profond de la vie. Presque rien ne peut plus nous toucher. Nous nous traînons dans l’oisiveté de l’âme, découragés, sans espoir, tristes selon le monde et non selon Dieu. Et l’acédie engendre l’irritation et la mauvaise humeur, l’incapacité de savoir où se tourner… Mais, comme le dit le Seigneur (Is. 42 , 3), n’éteignons pas la mèche qui fume encore! Il y a un petit reste de foi, d’amour, ou la nostalgie des moments authentiques de prière et d’amour de Dieu et du prochain qui nous avaient été donnés.

Les pensées

Il est bon de le savoir : peut-être le Seigneur permet-Il que nous tombions dans cet abattement et ce dégoût, à la suite d’un péché que nous avons commis ne serait-ce qu’en pensée. Il est sage d’examiner nos pensées et nos actes, en demandant l’aide de Dieu, pour voir comment nous avons pu perdre sa grâce. N’hésitons pas à lui demander de nous montrer nos péchés, selon nos forces. Nous pourrons ensuite aller confesser, c’est-à-dire reconnaître, les fautes qui nous auront été montrées. Le Seigneur, voyant notre bonne volonté et notre désir de ne pas demeurer dans un état si malheureux et si loin de lui, viendra certainement à notre secours, par le ministère de ses anges, de ses saints et surtout de sa Mère très pure.

Guérir

La plupart des pères spirituels conseillent, pour guérir cette maladie de l’âme, de nous livrer à des activités manuelles – ménage, bricolage, travaux de force, jardinage, et, surtout, service concret du prochain. Par exemple, nous pouvons penser à ceux qui, autour de nous, ont besoin de notre aide et nous tourner vers eux, avec ce qui nous reste d’amour, pour les assister de notre mieux. Et nous pouvons alors, tout en occupant notre esprit, notre âme et notre corps à ces activités, prier le Seigneur de venir à notre aide et de nous sauver de la désespérance par les prières des frères que nous cherchons à aider matériellement. Le sens profond de cette thérapeutique est que l’action corporelle permet à l’âme de trouver un nouveau mouvement et, à notre esprit, de se concentrer en nous-mêmes. Cela, loin d’empêcher la prière, la favorise au contraire: celle-ci, comme une conversation avec Dieu, accompagnera les actions qui lui sont agréables, par leur modestie, leur simplicité et leur sincérité. Nous pouvons également demander la prière des frères…