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“Je suis en dépression…”

Une maladie –

La dépression nerveuse est une véritable pathologie. Consultez un médecin afin d’obtenir un diagnostic de votre état. Il peut y avoir des raisons purement corporelles. De toute façon, selon l’anthropologie biblique, l’homme est une totalité et toutes ses dimensions concourent à ce qu’il vit et éprouve. Les Pères contemporains, comme saint Porphyre, envisagent la personne humaine dans tout ce qu’elle assume.

L’acédie

Selon nos pères spirituels expérimentés (saint Jean Climaque), l’état dépressif peut être assimilé à ce que les Anciens ont appelé “acédie”: tu n’as envie de rien; à toute sollicitation tu réponds “à quoi bon”. Vous levez-vous le matin? Vous habillez-vous? Faites-vous votre toilette? Ce sont des indications. Même un animal, s’il souffre, ne fait plus sa toilette. On le trouve en boule, dans son panier ou dans un coin de sa cage…

Le Diable s’en mêle

Cet état de dégoût de tout, cette « acédie », ce “taedium vitae” des anciens stoïciens, s’il n’a pas de cause corporelle (déficience minéralogique par exemple), ou psychique (frustration, déception, oppression), s’il n’a pas de cause contextuelle (échec professionnel, affectif, parental), peut être provoqué par le Malin. Il arrive que celui-ci suggère à notre âme un esprit de tristesse et d’abattement, ou un découragement sans cause, pouvant toutefois aller jusqu’au désespoir et à l’incapacité de faire face aux responsabilités les plus ordinaires. En proie à cet abattement ou à cette acédie, tu peux même être indifférent à la souffrance d’autrui aussi bien qu’à ton propre Salut. On a beaucoup trop tendance, à notre époque, à ignorer les causes spirituelles des maux de l’âme et du corps.

Remèdes?

En fonction de ce qui est dit ci-dessus:

  • s’assurer d’une alimentation équilibrée;
  • vérifier que tu n’es pas intolérant à tel ou tel produit (gluten, laitage);
  • s’assurer d’un nombre indispensable d’heures de sommeil (au moins 6);
  • constater que tu ne passes pas plus de deux heures de suite devant un écran (ordinateur, téléviseur, smartphone) et que ceci n’a pas lieu le soir;
  • s’accorder un temps d’activité corporelle: marche, natation ;
  • rechercher le contact avec la Création et les créatures: promenade en forêt, au bord de la mer, en montagne ou en mer; contact avec la terre (jardinage: toucher les plantes, fouiller la terre à main nue) et avec les animaux (cheval, chat, chien, etc.: caresser, flatter l’animal);
  • modifier la relation avec le Créateur: lecture quotidienne, psalmodie ou mémorisation de la Parole (psaumes ou passages du saint Évangile);
  • remplacer systématiquement (à part le ps.50), et tous les jours, la prière pénitentielle par la prière de louange (ps.117 et ps.144 à 150; acathiste d’action de grâces en entier ou en partie; prière du cœur: “Gloire à toi pour tout, Seigneur Jésus, gloire à toi!”).
  • confesser ses fautes : pensées morbides, de jugement, de découragement ; propos mortifères pour autrui ou pour nous-mêmes ; actes étrangers à l’amour. Par la confession, tu quittes la position de victime pour assumer la responsabilité, partielle au moins, de la situation douloureuse où tu te trouves. Tu participes à la victoire sur la mort. D’un point de vue psychologique, la prise de conscience et la verbalisation sont thérapeutiques ; d’un point de vue spirituel, le pardon divin fait descendre dans notre conscience et notre infra conscience la grâce de la guérison du Médecin des âmes et des corps, le Christ.

Ces remèdes – compatibles avec les conseils du médecin, car le Seigneur bénit et guide celui-ci, et agit également par lui – sont à appliquer sur une période donnée, à définir avec le père spirituel, en principe de 40 jours, selon le rythme liturgique: par exemple pendant le carême de l’Avent.

Remercier Dieu pour les autres.

Une prière par laquelle également le Seigneur nous arrache à la tristesse, à la morbidité, au découragement, à la dépression, à l’acédie ou à la neurasthénie, est l’action de grâces pour autrui. Cette prière est une thérapeutique de l’âme: “Gloire à toi pour ton serviteur ou ta servante Untel (prononcer le prénom: conjoint, enfants, parents, collègues, voisins, amis ou ennemis), Seigneur Jésus, gloire à toi!” Ou encore: “Bénis et sauve, Seigneur, ton serviteur ou ta servante Unetelle!” S’exercer à se réjouir pour autrui – véritable ascèse de la joie – nous dispose à recevoir du saint Esprit une grande paix.

> icône de Saint Jean Climatique