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Fumer : est-ce un péché ?

Ce qui est bon pour l’homme –

Nombreux sont ceux qui, de tous les âges ou presque, fument du tabac, du cannabis ou une autre “herbe bleue”. Nous ne portons pas de jugement sur les personnes et ce qui les conduit à consommer ces produits. Il nous semble pourtant que ce n’est pas bon pour l’homme, ni physiquement ni psychiquement. Est-ce que cela n’empoisonne pas d’une certaine façon l’organisme? Est-ce que cela n’altère pas la mémoire? Est-ce que cela n’affaiblit pas la liberté? Est-ce que cela ne nous enferme pas dans notre moi égocentrique? Est-ce que tu ne fais pas du mal au prochain que tu es pour toi-même en l’empoisonnant, en l’intoxiquant? Est-ce que le péché n’est pas ce qui nous sépare de Dieu et du prochain ?

La servitude

Il est vrai que Père Théophile, du monastère de Sîmbàta en Roumanie disait: “fumer est un péché”. Il pensait que fumer n’est pas innocent. Il pensait aux conséquences du produit toxique sur l’être humain; il pensait surtout au fait incontestable, sauf erreur de notre part, de la dépendance. Si nous voulons nous approcher du Seigneur – ce qui est l’expérience la plus passionnante que nous pouvons faire pour cette vie et pour celle qui vient -, et donc ne nous laisser séparer de lui par rien, fuyons tout ce qui peut nous asservir : pensées négatives ou impures ; jugement d’autrui, convoitise, luxure, jalousie, amour de l’argent, « ordi-dépendance » ! Évitons d’être dépendants des aliments ou des boissons; éloignons les produits toxiques et même les pensées toxiques. Les diverses formes de dépendance – ou « passions » – gênent considérablement la prière et le dévouement à autrui, c’est-à-dire notre vocation fondamentale: amour de Dieu et amour du prochain. Nous nous permettons d’ajouter qu’il est regrettable pour un homme libre de dépendre des grands esclavagistes de notre temps, les puissances financières considérables qui asservissent nos contemporains.

La liberté

Le Christ propose aux hommes de notre temps, comme à ceux du passé, la liberté. La question de la drogue n’est pas une question de conformisme moral; elle n’est pas une question culturelle; elle est une question de liberté spirituelle et de connaissance de Dieu. Ne croyez-vous pas que la satisfaction que vous trouvez dans le cannabis est une satisfaction illusoire? Il n’y a pas que celle-ci, direz-vous, et vous aurez raison. Mais il est bon pour l’homme de vivre, non dans l’illusion, le rêve, le virtuel, l’esclavage aux passions, mais dans la vérité et dans l’amour. On ne peut pas aimer, pensons-nous, quand on est asservi à une illusion ou à une idole. La preuve en est que certains de nos proches ont préféré une drogue ou une autre à la relation avec tel ou tel ami. Nous sommes libres, comme dit l’apôtre Paul, mais tout n’est pas utile, épanouissant et générateur de vie éternelle. C’est dommage d’user de la liberté pour s’asservir ! Le péché conduit à la mort, non seulement du corps mais de l’âme.

Le goût de la grâce

Celui qui connaît le goût de la grâce, qui a pris goût au saint Esprit, n’aura plus envie d’autre chose ! « Ils exulteront de joie, ceux qui te cherchent, ô Dieu ! » (Ps. 69, 5). Quand tu as goûté à l’amour véritable, à la vérité et à la vraie vie, tu ne fais même plus de comparaison. Ce qui nous affranchit des esclavages de ce monde – et il n’y a pas que le cannabis ! – c’est la saveur de la vie dans le Christ. Saint Dorothée de Gaza parle du discernement comme d’un « goût ». Le psaume 33 nous invite : « goûtez et voyez comme le Seigneur est bon ! » Le Christ te propose la jouissance supérieure et l’allégresse de ceux qui s’enivrent de son amour, qui s’abreuvent de son Sang très pur et savourent son Corps très saint. Toute notre capacité naturelle de plaisir trouve à s’accomplir en Dieu.

La suavité

Aucune règle, aucune loi extérieure ne peut vraiment aider l’homme à s’affranchir, si cette loi est impersonnelle, une simple morale. L’obéissance par amour à un père spirituel, au Christ surtout, l’exemple enthousiasmant des saints, peuvent nous tirer de ce qui nous entrave. Mais, surtout, la découverte d’un bien et d’un bien être supérieurs nous sauvera. Nous sommes tellement bien auprès du Christ ! Il est tellement bon de jouir de la grâce du saint Esprit ! Il est tellement gratifiant de suivre notre Seigneur et Sauveur ! La grâce qui émane de lui est si douce, si légère, tellement suave ! Aucune herbe, aucun alcool, aucune passion ne peut rivaliser avec cette douceur dès qu’on l’a connue. Aucun paradis artificiel ne remplace le paradis et le royaume de la familiarité avec le Sauveur.

> fresque de saint Dorothée de Gaza