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Peut-on prier pour les animaux, ont-ils une âme, sont-ils au Paradis ?

La compassion pour les créatures

Selon les saints Pères (Basile le Grand, Jean Chrysostome) nous pouvons avoir de la compassion pour les créatures de Dieu, notamment celles qui ont été associées à la vie de l’Homme et qui ont montré de l’amour pour leur maître (le chien de Lazare le pauvre). Il est agréable à Dieu que nous bénissions les animaux défunts, en pensant à la Résurrection universelle, qui concerne non seulement l’Homme mais l’ensemble du cosmos.

Le Salut de la Création

Une prière toute simple pourrait être : “Seigneur Jésus Christ notre Dieu, Toi qui, avec le Père et l’Esprit, es le Créateur de tout le visible et l’invisible ; Toi qui, le Sixième jour, appelas du non être à l’être tous les animaux et finalement l’Homme lui-même, souviens-toi de ta créature et sauve-la avec toute ta création au Jour glorieux de la Résurrection finale. Car Tu es le Seigneur et Maître de toute vie, ô Christ notre Dieu, et nous te rendons gloire avec ton Père et ton Esprit très saint, bon et vivifiant, maintenant et toujours et dans les siècles: Amen!”

Le pardon des créatures

Créés le même jour que l’être humain (Genèse 1, 24-26), les animaux ne le sont pas à l’image et à la ressemblance de Dieu ; leur âme est, non spirituelle, mais psychique ; ils n’ont pas de liberté et ne commettent donc aucun péché. Aussi ne peut-on dire pour eux les prières préparées pour les humains, car ces prières sont généralement pour la rémission des péchés. C’est le péché humain qui fit que la mort vint dans le monde et affecta toutes les créatures, donc les animaux. A ceux-ci nous pouvons plutôt demander pardon comme à des créatures innocentes.

L’Homme médiateur

À la différence des humains, les animaux n’ont pas de « personne », d’ « hypostase ». Ils gagnent progressivement une vie hypostatique au contact de l’Homme qui les appelle par leur nom (Genèse 2, 19): nom de l’espèce (chat), comme fait la science, ou nom qui identifie chaque animal, domestique ou apprivoisé (Minou), et le fait accéder à un statut proche de celui d’hypostase. C’est par l’être humain que l’animal connaît la souffrance et la mort; et c’est par l’être humain qu’il connaît le salut sous la tête du Verbe incarné.

L’identité animale

Nous ne savons pas sous quelle forme ils peuvent être au Paradis, puisque leur âme n’est pas immortelle, elle se défait comme leur corps: mais, dans la mesure où nous nous souvenons d’eux et où nous demandons au Seigneur de se souvenir d’eux, leur identité, embryon d’hypostase, ne peut être détruite, et doit subsister, et, subsistant, ne peut subsister qu’au Paradis. Car il n’y a pas d’autre lieu pour attendre la Résurrection universelle. Pour ces raisons, les saints Pères enseignent l’abstinence de nourriture carnée, au moins pendant le grand Carême, temps de restauration de la vie paradisiaque.

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> Bibliographie :

Hélène et Jean Bastaire, Chiens du Seigneur. Histoire chrétienne du chien, Paris, Le Cerf, 2001, donne d’importants textes des Pères.